‹ Éléments d'anatomie et de physiologie généralesChapitre 66 sur 108 · PO, J · texte numérisé non relu

PO, J

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bourgeonnement avec les parties voisines et avec le restant de l'organisme se trouvent modifiées par des influences extérieures, et que»

par suite, son évolution se fait dans un sens différent. C'est pour cela que nous traitons de l'hétéromorphose, en même temps que de la ^vÉs^É!^î§ï«5lr(^ régénération, dans le chapitre des

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\PPEMENT ORGANIQUE a/17

a suite de cette interven-

ternes et externes se sont

|ce artificiel (fig. 70) et un ut ainsi artificiellement un c'est-à-dire de deux têtes.

'B^M^KlSliBlb^^w N ^l^^^^î^ d^s Cérianthes pré- ^•«i^ll^^lBc^ ®^84s les unes au-dessus des

identique au premier. Il se c'est-à-dire à un animal

a48 ANATOMIE ET PHYSIOLOGIE GÉNÉRALES DES TISSUS

clsion, les cellules avoisinant cette ouverture artificielle, dont on a empêché la fermeture jusqu'à la cicatrisation des lèvres, se sont trouvées placées dans un ensemble de conditions identiques à celles dans lesquelles se trouvent les lèvres de Torifice buccal normal. Dans les deux cas, Tectoderme et Tendoderme se continuent immédiatement l'un dans l'autre. Par le nouvel orifice les matières liquides ou solides peuvent entrer dans le tube digestif ou en sortir. Bref, placée dans les mêmes conditions^ la substance plastique des lèpres de l'orifice artificiel donne naissance à des formations identiques à celles qui sont caractéristiques de Vorifice buccal normal de l'espèce animale sur laquelle on expérimente. Chez le Cérianthe, il se forme une couronne de tentacules et un anneau nerveux^ chez Cione, de nombreuses taches oculiformes.

Étant donné que les incisions, aux lèvres desquelles se forment chez Cerianthus des tentacules, chez Cione des taches oculiformes, peuvent être pratiquées pour ainsi dire en n'importe quel point du corps, on est amené à conclure, en toute logique, qu'en tous ces endroits du corps se trouvent des matériaux plastiques capables de former des organes aussi complexes que des tentacules, un anneau nerveux, des taches oculiformes, suivant le mode caractéristique de l'espèce animale dont il s'agit, même en des points anormaux du corps. Toute partie, quelque petite qu'elle soit, du corps d'un Cérianthe, d'une Cione, etc., se comporte, au point de vue de son aptitude formatrice, laquelle ne peut pas se manifester dans les conditions normales, comme toute partie, si petitç qu'elle soit, d'un rameau de saule, qui, au niveau de toute surface de section artificiellement produite, donne naissance à des proliférations cellulaires, qui, en s'accroissant, peuvent devenir des racines ou des pousses feuillées. Dans chaque cas particulier^ le caractère de la néoformation dépend auant tout de la nature spéciale de la substance plastique (idioplasma) et de la nature des circonstances générales, tant externes qu'internes, qui agissent sur elle comme excitants de l'activité formatrice.

Le troisième exemple se rapporte à l'hétéromorphose des Planaires, dont l'aptitude à la régénération était déjà connue des anciens observateurs (DuGÈs, etc.). Le physiologiste américain Van Duyne s'est livré récemment à dos expériences sur les Planaires.

Dans le parenchyme du corps d'individus vivants, Van Duyne a pratiqué de profondes incisions, tantôt dans un sens, tantôt dans un autre, et maintenu béantes, en les rouvrant fréquemment, les lèvres

de la pLnîe, qui se resoudent très facilement et très rapidement. Par ce procédé opératoire, on obtient des néoformations d'organes, des extrémités céphaliques ou caudales doubles.

L^animal, représenté par la figure 72, offre une duplicité antérieure typique, obtenue en pratiquant une incision profonde et oblique, en arrière de la tête, dans la région du tronc. Aux dépens de l'un des lambeaux s'est reformée une tète complète (i), un véritable orifice buccal, deux nouvelles taches oculiformes, etc. Chez tous les animaux opérés, le tissu de néoformation se reconnaît aisément

«.,, . . ^ FiG. 72. — Planaire à deux têtes, obtenue artijîciel-

a sa laible pigmentation. Dans /«ment. D'après J. Van Duy>e.

la fig. 72 ce tissu est représenté

par une zone ponctuée ; mais ce n'est pas le cas dans la réalité.

De même que par une incision pratiquée dans le voisinage de l'extrémité céphalique on peut amener la formation de deux tètes, de même en incisant l'extrémité caudale^ il peut se former deux queues.

Je prendrai comme quatrième exemple une hétéromorphose très intéressante, et dont l'importance est d'autant plus grande qu'elle se produit chez un Vertébré. Les expériences remarquables de Colucci, de WoLFF et de Erik Mullbr ont démontré que, chez de jeunes larves de Triton, auxquelles on a fait subir une sorte d'opération de la cataracte, te cristallin se régénère complètement au bout de quelque semaines, sans qu'il se produise aucune autre altération de l'œil. Je puis affirmer en toute certitude, en raison de l'examen personnel que j'ai fait des préparations, que le cristallin qui se régénère ne provient, ni d'un reste de l'ancien cristallin qui aurait persisté, car le plus souvent il est expulsé en totalité par l'ouverture cornéenne, ni de l'épithélium de la cornée, comme on serait tout d'abord porté à le croire en se fondant sur l'origine du cristallin dans le développement normal.

En réalité, V ébauche nouvelle procède de Uépitliélium du bord de l'iris (fig. 73 à 76), c'est-h-dire du bord de la vésicule optique secondaire. Elle se développe donc, par une hétéromoi^phose évidente, aux dépens d* éléments cellulaires provenant de la vésicule cérébrale antérieure primaire, qui, dans toute la série des Vertébrés, n'a jamais eu aucun rapport avec l'ébauche du cristallin.

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