L'hypothèse dbs unités physiologiques, de Herbert Spencer
Pour expliquer les phénomènes de la reproduction et de la régénération par un principe applicable au monde organisé tout entier, Herbert Spencer admet que les végétaux et les animaux sont formés de particules extrêmement petites, capables de reproduire l'organisme tout entier ou bien les parties disparues de cet organisme.
Il est inutile de parler longuement ici de l'opinion, très analogue, de JoH. MuLLER ; car le passage de son Traité de Physiologie, où elle est émise, a été précédemment (p. 291) cité textuellement.
Herbert Spencer a développé son hypothèse, mais brièvement et dans ses traits généraux seulement, dans ses a Principes de biologie ». Il compare le pouvoir que possède un organisme, de se recompléter lorsqu'il a été mutilé, a la propriété qu'a un cristal brisé de se reformer.
« Dans Tun et l'autre cas, la matière nouvellement assimilée se dé- (( pose de façon à rétablir la forme primitive. Et si, parlant du cristal, a nous disons que l'agrégat total exerce sur ses parties une force qui <c contraigne les molécules nouvellement intégrées à prendre une
a certaine forme déterminée, nous devons, pour l'organisme, suppo- « ser une force analogue. » De même que le cristal est constitué de molécules qui ne peuvent se cristalliser que dans un système déterminé, de même H. Spencer, admet que chaque espèce organisée est composée de petites unités, qui ne peuvent s'ordonner que suivant un plan de structure spécial, qui tend h édifier Forganisme auquel elles appartiennent, dans sa forme naturelle.
H. Spencer fait remarquer au sujet de son hypothèse : « Il semble « diiTicile, à première vue, de se représenter un processus de ce « genre ; seulement nous voyons quil en est ainsi. Des groupes a d'unités, que nous isolons d'un organisme, possèdent en fait le pou- « voir de reconstituer un nouvel organisme tout entier ; nous som- « mes, par conséquent, obligés de reconnaître que toutes les parties « de l'organisme ont la tendance à prendre la forme spéci- « fi que. »
Ces particules infiniment petites, mais qui sont les éléments essentiels de tout organisme, H. Spencer les appelle « les unités physiologiques a et il nomme « polarité organique» ou polarité des unités organiques, le pouvoir qu'ont ces dernières de s'ordonner sous une forme spéciale. D'après lui, elles ne correspondent par leur structure, ni aux molécules chimiques, ni aux cellules de l'Anatomie microscopique, mais elles sont intermédiaires entre les deux.
(( 11 semble, dit Spencer, que l'on est bien obligé d'admettre que « les unités chimiques s'assemblent en des unités infiniment plus « compliquées qu'elles ne le sont elles-mêmes, quelque compliquées « qu'elles puissent être, et que dans tout organisme, les unités phy- <c siologiques, nées de cet assemblage de molécules très complexes, ce possèdent un caractère plus ou moins différent. Nous devons con- « dure qu'en tout cas une minime différence quelconque dans l'as- (c semblage de ces unités entraîne une différence correspondante dans « le jeu réciproque de leurs énergies, et détermine en même temps « une différence dans la forme que prend l'agrégat résultant de leur « réunion. »