‹ Eléments d'anatomie et de physiologie génitale et obstétricale; précédes de la description sommaire du corps humain a l'usage des sages-femmesChapitre 132 sur 166 · MENSTRUATION · texte numérisé non relu

MENSTRUATION

lement menstruel être accompagné de l'expulsion de véritables caillots.

L'écoulement menstruel aune odeur spéciale et forte due, probablement, à l'altération du liquide pendant son évacuation, qui se fait lentement.

Durée de la menstruation. — Ménopause. — Après avoir

duré une trentaine d'années, l'écoulement menstruel cesse: c'est la ménopause. Cette limite d'arrêt est encore assez variable. En général les femmes réglées de bonne heure sont aussi celles qui voient le plus longtemps. La ménopause survient en moyenne vers quarante-cinq ans (1).

Menstruation et ovulation. — Mécanisme intime de la

menstruation. — La menstruation est intimement liée au phénomène de l'ovulation. Ce n'est qu'à partir de la puberté qu'on voit régulièrement, environ tous les mois, se produire l'évolution complète d'un ovisac et la migration d'un ovule. On a reconnu que cette évolution ovulaire coïncide à peu près exactement avec l'époque menstruelle.

Mécanisme. — Expulsion del'ovisac. — Passage de l'œuf dans l'utérus. — Une ou deux vésicules de Graaf, situées près de la surface de l'ovaire, se gonflent, leur contenu augmente ; leur paroi pressée contre la coque ovarienne s'amincit en un point ; celle-ci se soulève, l'ovisac s'ouvre. De plus le bulbe de l'ovaire est turgescent; il presse par derrière sur l'ovisac, en exprime le contenu : l'ovule sort. Ainsi expulsé, il devrait tomber dans

Fig. 180. — Coupe théorique d'une vésicule de Graaf saillante à la surface de l'ovaire.

! La menstruation est ordinairement et avec raison considérée comme la preuve de la possibilité de la fécondation: mais celle-ci peut avoir lieu chez des femmes non réglées. L'écoulement menstruel vulvaire peut parfois être remplacé par des hémorrhagies se faisant en d'autres points du corps, par les muqueuses nasales, pulmonaires, stomacales, rectales. Ce sont les règles supplémentaires.

le péritoine : c'est ce qui arrive quelquefois, et s'il est fécondé il se développe une grossesse extra-utérine oupéritonéale. Mais ordinairement il est recueilli par la trompe dont le pavillon, au moment de l'ovulation, vient s'appliquer contre l'ovaire. L'ovule tombe sur un lit de cils vibratils qui se le passent de proche en proche et l'amènent dans l'utérus. S'il n'est pas fécondé, il est expulsé ; s'il est fécondé, il se développe, et il se passe dans la matrice une série de phénomènes particuliers aboutissant à la formation d'un nouvel être vivant.

Congestion accompagnant l'ovulation. — Cette évolution

ovulaire est accompagnée de faits accessoires, d'ordre congestif.

Il y a de la congestion des centres nerveux et en particulier de la moelle, qui explique les douleurs lombaires, les fourmillements, les névralgies périphériques : il y a des poussées congestives du côté de l'encéphale, d'où les migraines, les insomnies, les troubles de l'idéation, etc.

Mais la congestion atteint son summum dans le système utérin (utérus et trompes). Il y a là des troubles vasomoteurs considérables qui aboutissent à l'écoulement sanguin fourni par la muqueuse de l'utérus et des trompes.

État général accompagnant la menstruation. — On voit

les relations intimes qui unissent la menstruation et la grossesse ; ce sont des faits de même ordre. A chaque grossesse il y a expulsion d'un œuf fécondé, à chaque époque menstruelle, il y a expulsion d'un œuf non fécondé : c'est une sorte (( d'accouchement en miniature ». Suivant la remarque de Pajot, il y a là un état puerpéral en petit, où rien ne manque ; en effet il y a déchirure de vaisseaux, il y a des douleurs de contraction utérine, faibles ébauches de celles qui existeront plus tard; il y a enfin des modifications de la muqueuse analogues à celles qui accompagnent la grossesse. Les femmes pendant cette période sont dans un état général tout particulier. Tarnier a cité le fait que des élèves sages-femmes de la Maternité de Paris avaient pu, pendant leur période menstruelle, contracter la fièvre puerpérale comme des femmes en couches.

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