IDENTITÉ DES PHÉNOMÈNES DE REPRODUCTION
Dérivant d'une souche commune, les animaux et les végétaux possèdent naturellement en commun un certain nombre de caractères de la plus haute importance : ce sont, de part et d'autre, même structure cellulaire, même composition chimique et même protoplasma mobile, enfin, même constitution de l'œuf par combinaison de deux gamètes. Et rien ne ressemble plus à ce que nous avons vu chez l'homme que ce qui se passe chez tous les Végétaux cryptogames. Chez les Fougères, chez les Algues les plus modestes, des éléments mâles mobiles sont élaborés qui doivent aller féconder les ovules, ou oosphères, immobiles au fond des organes femelles. C'est l'eau qui leur sert de véhicule, ils y nagent, à l'aide de deux ou de plusieurs cils vibratils, absolument comme le spermatozoïde se déplace cà l'aide de sa queue dans la liqueur séminale. L'identité du procédé n'apparaît moins évidente que chez les Végétaux 'phanérogames, les plantes à fleurs, herbacées ou arborescentes. Ces êtres, condamnés à l'immobilité, pour qui, par conséquent, tout accouplement est impossible, n'ont même pas la ressource de confier à l'eau, comme les Algues, les Mousses et les Fougères, les éléments de leur reproduction sexuelle. Ils sont les descendants de types d'abord aquatiques qui, s'éloignant peu à peu du bord des eaux, ont réussi à s'accommoder de milieux de moins en moins humides et se sont, à la longue, adaptés à la vie purement aérienne. Leurs éléments fécondants, les grains de pollen, se trouvent enlevés de l'organe mâle, sous forme de poussière, par le vent ou par les insectes, et déposés inertes sur l'organe femelle; et, pour franchir le peu de distance qui les sépare encore de l'oosphère située au fond de cet organe, il ne leur reste qu'à s'étirer en une sorte de boyau : privés de toute motricité superflue, ils se comportent, en définitive, de la même façon que les spermatozoïdes.
Poussant plus loin la comparaison, les zoologistes et les botanistes ont même constaté l'identité, chez tous les êtres, des phénomènes intimes de la fécondation et des premières modifications que celle-ci détermine au sein de la celluleœuf: la fusion des deux gamètes protoplasme à protoplasme
et noyau à noyau; l'émission de globules polaires; l'apparition de sphères attractives guidant la segmentation, etc.
C'est ainsi que, dans l'impossibilité matérielle d'étudier directement ces phénomènes chez l'homme, on en acquiert quand même la connaissance exacte en les suivant chez ces animaux et ces végétaux auxquels on a longtemps prêté, par ignorance et vanité, une origine et une essence toutes différentes des siennes.