‹ Eléments d'anatomie et de physiologie génitale et obstétricale; précédes de la description sommaire du corps humain a l'usage des sages-femmesChapitre 135 sur 166 · IDENTITÉ DES PHÉNOMÈNES DE REPRODUCTION · texte numérisé non relu

IDENTITÉ DES PHÉNOMÈNES DE REPRODUCTION

reste, emprisonnée, et alors — fait très curieux — cette couche immédiatement se condense;perd son aspect fluide, prend l'aspect d'une membrane (membrane vitelline des auteurs). L'ovule s'entoure d'une espèce de coque, s'enkyste.

Parmi ces spermatozoïdes, un seul, poussé toujours par les mouvements de son flagellum, réussit à pénétrer plus avant dans la cellule femelle et à approcher du vitellus,qui, le sentant approcher, se soulève en cône, — par un phénomène d'attraction, — et va à sa rencontre. Dès que le spermatozoïde le touche, il se replie (se retourne pour ainsi dire en doigt de gant) et l'entraîne au sein de la masse vitelline.

L'élément mâle pénètre jusqu'au milieu de la masse vitelline : on l'y voit comme un point blanc autour duquel viennent se grouper, en traînées rayonnées, les granulations vitellines, donnant au tout l'aspect d'une étoile. D'où le nom d'aster mâle donné à cette figure (fig. 183).

Rencontre de l'élément mâle et de l'élément femelle. — Fusion. — Nouveau noyau ou noyau vitellin. — L'aster mâle marche alors à la rencontre du pronucleus femelle, se dépouille, chemin faisant, de ses rayons, et arrive, réduit à un simple noyau, pronucleus mâle, au contact de l'élément femelle, qui à ce moment se creuse pour recevoir l'élément mâle, l'enveloppe, se referme sur lui. Il n'y a plus bientôt qu'un seul noyau, résultat de la fusion des deux noyaux mâle et femelle ; ce nouveau noyau, dont le volume semble correspondre à la somme des deux noyaux réunis, constitue le noyau vitellin, véritable noyau de l'œuf, qui va présider à l'évolution du nouvel être.

Identité des phénomènes de reproduction dans toute

l'échelle des êtres vivants. — Le mode de formation de l'œuf par combinaison d'une cellule femelle et d'une cellule mâle, de deux gamètes, comme on les appelle souvent, n'est

PAS SPÉCIAL A L'HOMME. Il S'ÉTEND, AU CONTRAIRE, A TOUS LES ÊTRES VIVANTS.

Si l'on observe ce qui se passe dans la vaste série des Métazoaires, au sommet de laquelle l'homme représente le plus haut degré de la perfection relative où l'évolution

progressive de types divers et d'inégale perfectibilité ait encore amené le monde animal; si l'on étudie, tour à tour, les Vertébrés, les Mollusques, les Vers, les Arthropodes, les Echinodermes, les Coelentérés et les Spongiaires, c'està-dire tous les animaux constitués à l'état adulte par la coordination d'une foule de cellules provenant de la segmentation de l'œuf, partout on trouve cette segmentation consécutive à l'accomplissement du même phénomène, la fécondation, de la part des mêmes éléments, le spermatozoïde et V ovule. On voit bien, suivant les cas, ces éléments tirer leur origine tantôt de l'ectoderme, tantôt du mésoderme et même de l'endoderme, et paraître soit à nu sur certaines régions de la paroi du corps ou de la cavité viscérale, soit dans des glandes spéciales parfois munies d'appendices accessoires et d'appareils vecteurs plus ou moins compliqués; mais qu'importent ces variations d'origine? Qu'importe davantage que l'ovule, ordinairement entouré d'une membrane d'enveloppe, reste nu et amiboïde dans les classes inférieures, ou que la tête des spermatozoïdes ne conserve pas partout exactement la forme qu'elle affecte chez l'homme? Ce sont là de simples détails qui ne changent en rien le procédé.

Les autres animaux ne produisent pas de spermatozoïdes et ovules pour la seule raison que leur corps ne se compose, à tout âge, que d'une cellule unique. La reproduction sexuelle des Métazoaires n'est autre chose, au fond, qu'un mode particulier de division du corps de l'adulte, mettant en liberté des cellules privilégiées destinées à former de nouveaux individus. Dans les Protozoaires (Amibes, Foraminifères, Infusoires), la division du corps ne dépasse jamais la première bi-partition et donne, dès ce stade, naissance à deux êtres semblables. Cependant, chez les plus élevés d'entre eux, de temps en temps les individus se rapprochent deux à deux, s'accolent, se soudent momentanément, se conjuguent , suivant l'expression consacrée; et cette conjugaison, qui ressemble tant à un accouplement, a pour résultat, tout au moins, un rajeunissement qui se manifeste par une scissiparité plus active.

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