ACCOMMODATION POUR LES PRÉSENTATIONS DU FOETUS
Si les recherches n'eussent porté que sur les derniers quinze jours, le pourcentage eût été considérablement amélioré.
Il en résulte qu'avant le septième ou huitième mois de la grossesse il est inutile de se préoccuper de la présentation. A partir de ce moment, surtout chez les primipares, quand on trouve un sommet, on peut cliniquement considérer la présentation comme définitive et en faire, avec quelques réserves, la base d'un pronostic.
Dlutation ordinairement favorable. — Mais, fait important, quand il y a mutation de présentation, cette mutation se fait, dans la très grande majorité des cas, dans un sens heureux, et tend à ramener le fœtus dans une situation plus favorable pour l'accouchement.
Ex. : Transformation d'un siège en un sommet.
Mutation de positions. — Les mutations de position sont plus fréquentes que les mutations de présentation. On trouve 30 p. 100 de mutations de position pour le sommet. Mais il faut remarquer que ce pourcentage est une moyenne portant sur un espace de trois mois, et que les changements sont d'autant moins fréquents que l'on approche du terme.
Accommodation pour les présentations. — La présentation du sommet est la présentation normale ; sa fréquence est due au phénomène de Y accommodation (1). L'origine des autres présentations a pour raison des causes qui en modifient la régularité.
Voici en quoi consiste l'accommodation. Dans les cinq derniers mois de la grossesse, la cavité utérine a la forme d'un ovoïde à grosse extrémité supérieure. Or, à ce moment, le fœtus présente aussi la forme d'un ovoïde dont la grosse extrémité correspond au siège. Dans ces conditions le contenant et le contenu tendent à adapter leurs formes, et à la suite des alternatives de contraction et de relâchement des muscles utérins qui font rouler le fœtus, à la suite des mouvements actifs de ce dernier, la grosse extrémité
(1) Cette situation a été expliquée par bien d'autres mécanismes, théorie de la culbute, d'A. Paré, des mouvements instinctifs, de Dubois, de la pesanteur, d'Aristote, Duncan, Shrœder.
fœtale finit par correspondre à la grosse extrémité du globe utérin. Pour comprendre la possibilité de ces mouvements, il ne faut pas oublier que le fœtus nage dans le liquide amniotique.
Mais que l'utérus n'ait pas de prise sur le fœtus, comme lorsqu'il en est séparé par une trop grosse couche de liquide (hydramnios), que sa forme ou sa situation normale s lit modifiée par la présence d'un corps fibreux, par le défaut de soutien des parois abdominales, comme dans les cas de multiparité ou d'éventration, que sa vigueur soit insuffisante, il y aura vice d'accommodation, et présentation autre que celle du sommet. L'obstacle à l'accommodation peut aussi dépendre du fœtus, dans le cas de malformations, ou se trouver sur le bassin, comme dans les cas de viciation, ou de tumeur pelvienne.
Pour les positions. — Les positions sont encore réglées en grande partie par l'accommodation du fœtus à la région qu'il occupe.
Si les positions obliques sont les positions de repos types c'est que, en se plaçant dans cette situation, la tête rencontre le moins de difficultés à s'engager, tandis que placée suivant le diamètre transverse (presque égal, à l'état frais, à l'oblique), elle serait gênée par la saillie du primontoire. Si les positions gauches sont plus fréquentes que les droites, cela tient à ce que, grâce à l'inclinaison à droite de l'utérus, qui est ainsi placé en écharpe sur la colonne vertébrale, et grâce au phénomène de l'accommodation, le dos fœtal se tourne à gauche et en avant, offrant la concavité de la surface ventrale à la saillie vertébrale.