HYMEN
ce cas. on trouve deux valves, tantôt accolées et limitant une fente, tantôt empiétant l'une sur l'autre. Les valves s'étendent depuis le bulbe du vagin, en avant, jusqu'à la partie postérieure de l'orifice. C'est la forme fondamentale, celle qu'on voit presque toujours à la naissance, qui peut persister et dont les autres ne sont guère que des transformations.
Hymen ovalaire. — 2° Une deuxième variété est Vhymen ovalaire ou annulaire, qui résulte de la rétraction des deux valves. Parfois, cette rétraction est telle, que l'hymen n'est représenté que par un bourrelet qu'on sent avec le doigt.
Hymen corailiforme. — 3° Une troisième variété, est Vhymen cor a/H forme. Les valves sont trop amples et se plissent « comme les parois d'une blague à tabac fermée par une coulisse » (Brouardel;. Ces plis donnent un aspect frangé au rebord hyménéal ; ce rebord peut même présenter des encoches, en général symétriques. Le fond du sillon qui sépare les deux plis est rose. Il faut se garder de prendre ces plicatures pour des déchirures.
4° Une quatrième variété est l'hymen en croissant.
Ordinairement cet hymen est mince alors que les autres sont épais. A l'examen, les jambes écartées, la membrane est très tendue; si on fait rapprocher les cuisses, la membrane hymen se replie en gousset et la pénétration du doigt est possible, sans amener de déchirure. Parfois les bras des croissants présentent chacun une encoche; leur siège, l'intégrité de leurs bords, empêchent de les prendre pour des déchirures.
L'hymen normalement n'obture pas complètement l'orifice vulvaire. Il présente une ouverture par où s'écoule le sang des règles. Chez le nouveau-né, elle permet l'introduction d'une bougie ayant 0m,009 de diamètre; chez une enfant de sept ans, d'une bougie de 0m,01 de diamètre, et chez une jeune fille nubile, du petit doigt, très facilement (Brouardel).
Il y a des anomalies :
1° L'orifice de l'hymen est séparé en deux par une bride médiane;
2° Il n'y a pas une ouverture, mais la membrane est percée de trous comme une passoire, hymen criblé, ou punctiforme.
3° Enfin l'hymen peut être imperforé, d'où des accidents de rétention des règles au moment de rétablissement de la puberté.
Déformations de l'hymen. — Les destructions de l'hymen consécutives au coït ne sont pas de règle absolue. Le coït peut quelquefois s'accomplir sans entraîner de déchirure de l'hymen, surtout si la jeune fille consent (Brouardel).
Hymen élastique. — L'élasticité de l'hymen peut être telle, que l'accouchement puisse se faire normalement, cette membrane étant presque intacte (1). Il peut donc y avoir des vierges-mères.
La fréquence de ces faits n'est pas absolument établie. Si Budin prétend avoir vu 13 fois sur 75, la persistance de l'hymen chez des primipares (2), Tarnier, sur plus de deux cent mille accouchements, ne l'aurait observée que deux ou trois fois (3).
Hymen fibreux. — L'hymen, par contre, peut être scléreux, résistant, nécessitant sa section avec l'instrument tranchant, la défloration étant impossible par les moyens ordinaires. D'après Budin, cette rigidité de l'hymen, en s'opposant à la dilatation progressive de la vulve, serait une des causes des déchirures du périnée pendant l'expulsion (4).
Hymen vaseuiaire. — L'hymen peut être vasculaire et des hémorrhagies graves, parfois mortelles, ont accompagné la défloration.
Origine de l'hymen. — L'hymen appartient en propre aux parties génitales externes : il a même origine, même développement (S. Pozzi). L'hymen ne représente pas,
(1) Budin. Deux petites fissures de l'hymen chez une primipare après l'accouchement d'un gros enfant {Progrès médical, 1887.)
(2) Budin. Progrès médical, 1879.
(3Ni De la persistance de l'hymen pendant la grossesse, par Joseph Destarasc. Th. Paris, 1890.
(4) Budin. Semaine médicale, mars 1889.