GÉNÉRALITÉS. — PLACE DE L'ANTHROPOLOGIE DANS LES SCIENCES
les besoins et l’étude n’est qu’une portion constituante d’un tout qui se présente aux yeux de l’observateur philosophe à peu près comme il suit.
Ce qu’il voit d’abord, c'est le total du kosmos, la voûte céleste, les constellations qui brillent au-dessus de nous, l’objet de l’astronomie. L’un de ces astres, plus accessible, le sollicite plus particulièrement, la planète que nous habitons: l’étude de son intérieur donne lieu à la géologie, celle de §a surface à la géographie; secondairement dans celle-ci interviennent les cours d’eau et les mers, c’est l’hydrographie, etc. Sur cette planète les êtres vivants appellent surtout son attention, les végétaux, objet de la botanique, les animaux, objet de la zoologie. Parmi ceux-ci certains successivement donnent lieu à l’entomologie, à l’icthyologie, à la mammologie. Nous arrivons ainsi à nous-mêmes, objet de l’anthropologie, que nous divisons de même à notre gré suivant le système organique auquel nous nous attachons en ostéologie, craniologie, etc., ou à un autre point de vue, en anatomie, pathologie, etc. Toujours c’est le sujet qui caractérise la science. Dans le même cercle kosmique les phénomènes au lieu des lois peuvent nous solliciter ; d’où la chimie, la physique, la physiologie. Mais la physiologie ne peut se passer de la chimie, de la physique ; la zoologie comprend à la fois l’anatomie, la physiologie et vingt autres connaissances, comme nous l’avons vu, qu’il s’agisse du règne total ou d’un animal quelconque.
L’anthropologie, simple partie de la zoologie comme la zoologie est une partie de la science générale des êtres organisés, comprend les mêmes sciences et connaissances avec cette seule différence que certaines y sont portées à leur plus haute puissance. Là, comme partout, les sciences les plus opposées s’enchevêtrent et se tiennent. Ce qui n’empêche pas que la chimie, comme la physiologie, la zoologie ou l’anthropologie, ne puisse être prise à part et érigée en science autonome, si cela est utile. La nécessité seule fait loi, les scissions ne sont qu’apparentes en vue du partage de la besogne. L’anthropologie, comme la médecine, comme la physiologie, est un composé de sciences reliées par un objectif défini. Des trois on peut dire à égal titre, pour répéter un mot qui n’est que spirituel, qu’elles sont le carrefour d’une foule de sciences. Il serait plus exact de dire l’étoile où convergent une foule de sciences, la mieux partagée étant celle vers laquelle aboutissent ou d’où partent le plus grand nombre de voies.
Si je voulais insister sur ce sujet, je dirais que la classification des sciences la plus pratique est celle en sciences générales, sciences spéciales et sciences d’application. A ce point de vue l’anthropologie est une science spéciale.
En second lieu c’est au premier chef une science d’observation, s’élevant de l’analyse aux synthèses les plus brillantes.
Enfin, si l’on veut, c’est une science pure et concrète. « Elle est pure, dit Bertillon père, c’est-à-dire dégagée de toute vue d’application immédiate, comme de toute idée dogmatique; elle se propose de découvrir des