CHAPITRE VII
accessibles. » Logiques avec eux-mêmes, ils ne laissent aucune place dans leur classification aux sciences concrètes et se contentent de six sciences générales n’ayant pas de relations entre elles; comme la sixième,, la sociologie, qui serait sans lien avec la cinquième, la biologie.
Tout proteste contre cette façon exclusive de voir. Les facultés intellectuelles de l’individu s’exerçant dans l’état de nature ou dans l’état social, procèdent de l’organisation physique de cet individu. Les facultés collectivement manifestées par un nombre d’individus rassemblés en société, procèdent de l’organisation physique moyenne de ces individus. L’humanité tout entière, dans ses caractères généraux d’ordre social, n’est que la résultante de l’ensemble des moyennes d’organisation des groupes dont elle se compose; ses diverses fractions ont évolué en civilisation et en morale, comme a progressé et s’est modifiée l’organisation physique cérébrale. Que l’excitation extérieure ou la modification intérieure, spontanée en apparence, en soit ou non le point de départ, peu importe ! il n’y a pas d’effet sans cause. Pour être sociologiste complet, il faut être physiologiste, voire même anatomiste.
Herber Spencer, qui sans dériver du positivisme, a quelque faiblesse pour lui, montre que cette séparation du concret de l’abstrait n’est applicable qu’à l’une des divisions établies par Comte. La logique et les mathématiques sont pour lui des sciences abstraites. La mécanique, la physique, la chimie, etc., sont des sciences à la fois abstraites et concrètes. L’anatomie, la biologie, la psychologie, la sociologie, etc. , sont des sciences concrètes.
Nous irons plus loin, et nous dirons que dix-neuf fois sur vingt, toute science présente les deux aspects. On ne peut recueillir des faits sans qu’il s’en dégage quelque généralité qui, rapprochée d’autres généralités, conduit à quelque loi ou idée générale de l’ordre absolument abstrait.
Il y aussi la division des sciences en pures et appliquées, celle en analytiques et synthétiques, en générales et spéciales.
Pour nous, ainsi que l’a dit Lamarck, tout dans les connaissances humaines se réduit à deux choses : les faits palpables recueillis et l’emploi que nous en faisons : interprétation immédiate, généralisations, classements, dénominations, synthèses. Les vues de l’esprit changenkavec les générations et les écoles philosophiques, les faits restent. Un jour peutêtre la vérité suprême sera connue, la formule de l’univers trouvée ; jusque-là les vues de l’esprit ne sont que des produits humains, les hypothèses que des procédés de travail, les synthèses que des degrés s’élevant successivement du connu à l’inconnu.
Pour nous les sciences forment un tout dont les diverses parties étroitement unies et enchevêtrées se prêtent un mutuel soutien et que la nécessité nous oblige à séparer en tronçons plus ou moins naturels qu’on multiplie à volonté suivant l’intérêt qui s’attache à telle ou telle partie. Le tronçon anthropologique que l'on divise et subdivise à son tour suivant