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CHAPITRE VIII

présence de faisceaux nombreux, offrant tontes sortes de combinaisons, les uns de deux ou trois couleurs par parties égales, les autres dans lesquels quelques fils seulement troublent la nuance générale ; d’autres dans lesquels ces fils étrangers sont plus nombreux, de plusieurs provenances, mais dans lesquels cependant il y a prédominance d’une même coloration.

Dans cet échange entre faisceaux primitifs et secondaires, les fils représentant chacun un caractère pourront de cette façon, à diverses époques, faire partie de combinaisons différentes ; ils iront se perdre dans l’une, renforcer la majorité dans l’autre, contribuer à une résultante plus loin; à toute époque cependant on pourra dire à quelle souche primitive ils appartiennent, on saura par la couleur que tel fil relève de tel faisceau initial.

Ce tableau est l’image de la permanence des caractères et de la permanence, dans une limite moindre, des types. Supposons que les faisceaux primitifs de fils soient, l’un la race celto-slave, l’autre la race anglogermanique, le troisième la race ibéro-basque et nous tenons l’explication de toutes les variations infinies de mélange qu’elles présentent en Europe et même la clef de leur permanence dans le temps. Les faisceaux accidentels plus ou moins diversement colorés ce sont les peuples, la couleur indique la proportion des races qui entrent dans leur composition.

Deux causes dominent, en effet, la question de la pureté des races dans les peuples.

L’une est le mouvement de flux et de reflux, de disnersion et de constitution qui agite sans cesse les collectivités humaines, sans égard à leurs liens de parenté, aussi bien dans l’Afrique australe ou l’Asie centrale que dans l’Amérique centrale ou même les régions polaires, ety occasionne des tempêtes intermittentes dans lesquelles les races se voient ballottées et brisées çà et là au gré des flots. Et cela depuis 100,000 ans et plus.

La seconde est la faculté de croisement eugénésique que possèdent entre elles toutes les races humaines connues, comparable à la faculté développée au même degré entre les innombrables races de chiens domestiques livrées à la promiscuité la plus déréglée. Un exemple en montre les conséquences.

Soit une famille prise en France, comme il y en a tant et comme on en rencontre dans tous les groupes humains réputés races. Dans l’hérédité, on le sait, la loi générale est que le fils ressemble ou mieux tend à ressembler dans des limites plus ou moins étendues à ses parents. La ressemblance serait parfaite, si le type des deux familles dont sont issus les père et mère était identique et absolument pur dans leur lignée ancestrale. Mais il est loin d’en être ainsi : le premier cas qui peut se présenter, c’est que les types soient purs dans les deux familles, mais différents comme le sont, je suppose, l’Auvergnat et le Basque; l’enfant alors aura autant de chances de ressembler à l’un qu’à l’autre, et les caractères en

lutte se fondront ou se partageront par moitié : [il aura les yeux de sa mère et la taille de son père par exemple. Mais cette pureté absolue n’est qu’une hypothèse, l’inverse est l’ordinaire.

Supposons une généalogie, la mère ou épouse étant toujours de race étrangère mais pure, le produit étant toujours un enfant du sexe masculin. Le produit de cet Auvergnat et de ce Basque aura, avons-nous dit, moitié du sang de l’un et moitié du sang de l’autre, par conséquent moitié de chances d’hérédité dans les deux sens. Il épouse une Anglaise; son fils constituant la seconde génération que nous voyons naître aura la moitié des chances encore de ressembler à sa mère, et aussi la moitié de ressembler à son père. Mais celui-ci est un composé d’Auvergnat et de Basque par parties égales ; ce ne sera qu’un quart de chances de ressembler à l’un ou à l’autre de ses aïeux paternels dont il héritera de ce côté.

Le raisonnement sera mieux suivi sur le tableau ci-contre. Chaque ligne donne la formule des chances d’hérédité ou des proportions d’ancêtres que le fils a reçues de ses parents.

Proportions ancestrale s ou chances d’hérédité.

Génération.

Ire

= 1/2 Àuv.

-{-1/2 Basq.

-{-1/4 » -f 1/2 An

glais.

» + 1/2 Danois.

>' + 1/4 » — {— 1/2 Breton.

1/2 Alsacien.

1/4 » +1/2 Italien,

On voit ce qu’il en est, dans cette hypothèse, dès la sixième génération. L’enfant a moitié de chances de ressembler à sa mère italienne, que nous avons admise pure et 1/64 de chances de ressembler à son aïeul l’Auvergnat. Si l’on réduit ces chiffres en proportions pour cent, les chances se décomposent ainsi (en nombres ronds) :

50 chances sur 100 de ressembler à l’Italienne.

25 — — — l’Alsacienne.

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