MÉTHODES GÉNÉRALES. — LISTES D’INDICES
est escorté de chiffres nombreux et où l’on sait ses écarts individuels dans une suite de races et ses moyennes dans les diverses conditions où il se présente ; que du jour, en un mot, où l’on a tracé son histoire.
Mais cette histoire demande du temps, de la patience et est relativement ingrate , cette etude du caractère par les moyennes dans les races, suivant les sexes, les âges, ne semble pas brillante comme la description d’un petit lot de crânes où l’on avance ce que l’on veut, sans crainte d’être contredit. L’histoire préalable des caractères anthropométriques c’est l’alphabet ; les monographies portant sur de petites séries sont le couronnement. Les crâniologistes sont un peu comme les élèves au piano, les exercices préparatoires les ennuient, ils préfèrent les morceaux. Il faut avouer que la masse du public se laisse prendre aux monographies et s’intéresse peu aux travaux d’étude proprement dits.
Dans l’état de la science, ce qu’il faut à l’anthropométrie comme à sa branche aînée, la crâniométrie, c’est un vade mecum, une sorte de dictionnaire dans lequel l’anthropologiste qui ne s’intéresse qu’à quelques crânes et se restreint à l’ossuaire qu’il vient de découvrir trouve la liste des différentes moyennes dont il a besoin. Il y verra que dans tel canton où l’histoire indique que telle race a passé ou séjourné, les indices nasal et céphalique sont de tant, et se fera ainsi une idée de la portée relative de ceux qu’il aura obtenus et pourquoi il s’y trouve des cas contradictoires qui en altèrent la moyenne. A défaut des renseignements de l’histoire, ces tableaux eux-mêmes lui en fourniraient, en montrant de quels groupes d’un pays voisin, d’une contrée lointaine, peut-être d’une race disparue, l’élément principal qu’il constate par la méthode des moyennes et les éléments secondaires qu’il entrevoit par la méthode des groupements, se rapprochent le plus.
La méthode de la sériation est essentiellement analytique, celle des moyennes est synthétique. Pour donner ce qu’elle doit, celle-ci a pour complément les listes de chaque caractère dont je parle.
Les ouvrages les plus nécessaires aujourd’hui en crâniologie ne sont donc pas ceux qui décrivent des races, des groupes d’individus ou des séries de crânes; la science n’en est pas encore à cette étape avancée, à cette étape de satisfaction, Qu’elle s’essaye de temps à autre à ce genre de travail lorsqu’elle rencontre un lot suffisamment nombreux et authentique, c’est légitime. Mais ce dont elle a besoin en ce moment c’est de traités élémentaires, qui apprennent le commencement, qui disent comment il faut travailler avec fruit et qui renferment des jalons auxquels le travailleur peut recourir.
C’est ainsi que j’ai compris la tâche qui m’incombait lorsque j’ai publié mon Anthropologie ; le public m’a donné raison par l’empressement qu’il a mis à en épuiser les éditions successives, quoique les amateurs d’anthropologie technique soient peu nombreux. Ce nouvel ouvrage renfer- Topinard. — Anthropologie. Di