CHAPITRE X
Le blanc, le jaune et le noir s’accordaient avec la division ternaire des fils de Noé, quoique nulle part dans la Bible la couleur de la peau de ceux-ci ne fût indiquée. Dès lors tout pivote autour de ce caractère; Cloquet, en 1825, ajoute trois races à celles de Cuvier : la cuivrée, la brune et la noirâtre. Omalius d’Halloy en admet cinq : la blanche, la jaune, la noire, la brune et la rouge. Flourens et après lui M. de Quatrefages conservent la division ternaire de Cuvier d’après les mêmes données.
Après la couleur, c’est le système pileux qui a eu le plus de succès. Bradley s’était appuyé sur le degré de pilosité. Bory de Saint-Vincent proposa la distinction des cheveux en droits (leiotriches), et crépus (ulotriches), ces derniers pour les nègres. Hamilton Smith, en 1858, à Édimbourg, combina les vues de Bradley et celles de Bory. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, en 1858, ajoute la considération des limites de la chevelure au haut du front; Huxley, en 1871, dans son excellente division en cinq races principales : les négroïdes, les australoïdes, les mongoloïdes, les xanthochroïdes et les mélanochroïdes, met en première ligne les cheveux et accorde ensuite une large part à la couleur. Enfin, en 1873, M. Hæckel se base entièrement sur les caractères tirés des cheveux en ajoutant une distinction que l’expérience n’a pas confirmée.
Après la couleur et les cheveux sont venus les caractères crâniométriques. Ainsi Virey, en 1824, classe les races d’après l’angle facial; Retzius, en 1850, en première ligue par l’indice céphalique, en seconde ligne par le prognathisme, et Broca, en 1876, par l’indice nasal, pour lequel du moins il témoigne d’une grande faiblesse.
Mais l’anthropologiste qui a poussé le plus loin le système de classification des races ou de leurs types, en prenant successivement les caractères les plus saillants qui s’y prêtent le mieux, est Isidore Geoffroy Saint-Hilaire.