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CHAPITRE X

de réfraction de la matière colorante. Le canal médullaire, sous le champ du microscope, est visible dans les poils clairs et invisible dans les poils foncés où il est masqué par le pigment de l’écorce; d’autres fois c’est l’air qui le voile. Lorsqu’on fait bouillir certains poils blancs avec de l’eau, de l’éther et de la térébenthine, cet air en est expulsé suivant Kolliker, et le cheveu reprend sa couleur. Reporté à l’air libre et séché, les globules d’air y reparaîtraient à nouveau et il redeviendrait blanc. Les variations qui résultent de ces diverses circonstances expliquent quelques singularités qui avaient étonné Primer Bey dans son travail. Elles montrent également combien peu il est permis de se fier à la couleur des cheveux dits, dans le langage commercial, morts , c’est-à-dire desséchés, des cheveux provenant d’anciennes sépultures et en particulier des cheveux de momies. Elles diminuent notre espérance de savoir un jour si la race qualifiée parmi nous de race de la pierre polie et qui remonte à la pierre taillée était blonde ou brune.

« Le nombre des poils qui végètent à la surface du corps, dit M. Sappey, est à peu près le même aux différents âges, dans les deux sexes, chez tous les individus et probablement dans toutes les races humaines; mais le nombre de ceux qui passent de la première à la seconde période de leur développement est très variable » (1). Ces deux périodes de M. Sappey sont indiquées par deux sortes de follicules. Kolliker (2) les porte à trois en admettant trois sortes de poils : 1° les poils longs et souples, comme à la tête; 2° les poils courts, raides et épais comme aux sourcils, aux cils, à l’entrée des fosses nasales et du conduit auditif externe ; 3° les poils follets, fins, courts et le plus souvent blonds, perçant à peine l’épiderme comme sur la caroncule lacrymale et aux membres sous le nom de duvet. Le sein le plus blanc et le plus uni, dit encore M. Sappey, en est ombragé et hérissé sur toute sa surface. Cette division ne concerne donc que les poils considérés au moment de leur observation, car physiologiquement, accidentellement, ou d’une façon pathologique, aux divers âges, d’un sexe à l’autre, d’une race à l’autre, les mêmes poils se transforment et changent de nom. Les poils follets ne sont que des poils foetaux ou des poils d’après la naissance qui sont restés rudimentaires. Les poils de la lèvre supérieure sont à la première période dans les deux sexes jusqu’à la puberté et passent à la seconde période chez l’adulte dans les races jaunes, et directement à la troisième chez les Européens. Les poils de l’entrée du trou auditif passent de la seconde à la troisième période chez quelques personnes avancées en âge. Les poils follets passent à la troisième période sans transition sur le devant de la poitrine et des cuisses, à l’arrière des épaules et en d’autres endroits chez les Aïnos, les Australiens et une foule d’individus de race européenne. Il y a fréquemment une sorte de balancement chez les mêmes individus dans le

(L Sappey, Traité d'anat. descript t. III, 2e édit., 1872, p. 595.

(2) Kolliker, Eléments d’histologie humaine, trad. fi\, 185G. Article Poils, p. 144.

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