CHEVEU. — DÉVELOPPEMENT
développement çà et là des poils. Les personnes ayant des cheveux très longs en ont souvent moins à la barbe et aux organes génitaux. Le balancement est remarquable dans le sexe féminin, entre la tête et le coi ps, la femme ayant, dans toutes les races, mais surtout dans les races européennes, les cheveux plus longs et inversement le duvet du corps moins appaient. Les races jaunes, qui ont les cheveux les plus longs de 1 humanité, ont inveisement le corps si peu garni en poils visibles qu'on les a dites glabi es. L ne excitation cutanee directe ou par action réflexe, ou inversement une cause affaiblissante peuvent renverser la disposition naturelle des choses en poussant ou non au passage à la troisième période.
Développement. — Les premiers rudiments de poils apparaissent chez le fœtus humain au front et aux sourcils ; les premiers poils percent l’épiderme à quatre mois et demi aux mêmes endroits, l’éruption se continuant par les membres et étant terminée au commencement du septième mois. Fins et blonds, ils foncent jusqu’à la naissance, quelques-uns tombent dans le liquide amniotique. A partir de la naissance la mue se fait, un nouveau follicule se développe dans 1 ancien, et le nouveau poil chasse son prédécesseur. Le renouvellement est complet sur tout le corps, en quelques années, mais il se reproduit d’une façon insensible dans le cours de l’existence, particulièrement au printemps et sous des influences accidentelles, fait capital qui pourrait expliquer la transformation de certains caractères de race tirés du système pileux. Cette mue chez l’homme est à rapprocher de celle qui se répète de diverses façons chez les animaux. Les poils secondaires sont plus foncés que les poils fœtaux et foncent aussi par les progrès de l’âge. Cette analogie entre les dents et les poils sous le rapport de leur division en primitifs et secondaires et leur commune origine aux dépens du même feuillet du blastoderme rendent compte de la relation constatée entre les anomalies du système pileux et le mauvais état des dents.
Le nombre des poils dispersés à la surface du corps chez l’adulte est très variable. Withof, sur un homme moyennement velu, en a compté par quart de ligne carré 13 à la face antérieure de la cuisse, 19 à la face dorsale de la main, 23 à l’avant-bras, 39 au menton, 293 au synciput. Hilgendorf, sur la tête seule, en a trouvé dans un centimètre carré 272 chez un Allemand, de 252 à 286 chez les Japonais, et 214 en moyenne chez les Aïnos. Il ne faut donc pas confondre la pilosité de la tête avec celle du corps. La première va assurément en diminuant dans les types les plus inférieurs. La seconde ne semble pas différer de celle de l’Européen chez les Nègres moyens, comme hiérarchie de type, qui servaient dans l’armée des États-Unis. M. Russell, sur 2129 d’entre eux, a trouvé la répartition suivante. Le 0 correspond au minimum observé chez l’Européen, le 10 au maximum (1).
(1) B. -A. Gould, Investigation in the Milita ry and Anthropological statistics of American soldiers . New-York, 1869, p. 568.