‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 246 sur 980 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Lesinfluences locales sur l’hypersécrétion des poils sont du restebien démontrées. Toute pommade ou lotion excitante, telles que les alcooliques, les cantharides, le tannin, l’iodure de potassium, l’arsenic l’activent. Les poudres épilatoires, généralement formées de cette dernière substance, ont une semblable action. L’épilation répétée directe, en irritant la papille et entretenant l’irritation, agit de même. L’action de l’air, le soleil, le printemps ont une influence analogue. Moleschott dit que les cheveux poussent plus en été qu’en hiver. Broca a signalé l’hypersécrétion des poils dans toute l’étendue de la peau en rapport avec l’affluence d’une plus grande quantité de sang artériel dans l’anévrysme artérioso-veineux ou phlebartérie. Les poils sont plus longs autour des vieux ulcères ; ils sont plus longs et plus nombreux à la surface d’un membre emprisonné dans un appareil plâtré.

M. Ecker désigne sous le nom d 'hypertrichosis toute exubérance ou anomalie de siège ou de développement du système pileux. Dans un premier groupe il place tous les cas qui précèdent sous la dénomination d’hypertricbosis par irritation, ainsi que les nœvus hypertrophiques ou pigmentaires, garnis de poils solitaires et de petites dimensions, considérables, ou disséminés par plaques comme dans l’observation donnée par Buffon et dans celle de M. Hardy où la pauvre femme dut se séparer. Dans un second il range les femmes à barbe tout à fait extraordinaires et l’hypertrichosis par erreur de lieu comme dans ce cas présenté à la Société d’anthropologie d’une plaque énorme et bien délimitée de poils couvrant la région sacro-lombaire. Dans le troisième, sous le titre d’hypertrichosis générale, se trouvent les hommes chiens : tels sont les deux Russes, le père et le fils, exhibés en 1879 àParis, et la célèbre famille velue de Birmanie comprenant trois générations; nous en avons donné l’explication plus haut (1).

Cheveux droits et enroulés. — Nous avons réservé le caractère le plus important que donne le poil, celui qui se prête le mieux à une première répartition de toutes les races du globe en un certain nombre d’embranchements. Nous voulons parler de la direction rectiligne ou plus ou moins enroulée en spirale qu’affectent les cheveux, en rapport avec une conformation anatomique révélée par le microscope.

Hérodote, ainsi qu’il a été dit, divise les Éthiopiens noirs de l’armée de Xerxès en occidentaux aux cheveux crépus, et orientaux aux cheveux droits. Bory de Saint-Vincent consacre cette distinction en 1826, remplaçant le mot droit par celui de lisse : toutes les races pour lui se partagent en lissotriches ou à cheveux lisses, et ulotriches ou à cheveux laineux. Pourquoi cette nouvelle dénomination? Répond-elle aux impressions qu’on éprouve lorsque les doigts plongent dans une chevelure soyeuse d’Européen ou dans une toison rude de nègre? Bernier ne se

(1) Eckcr, Du système pileux et de ses anomalies. — Analyse dans la Revue d'Anthr., 1880, p. 170.

Page 1