CHAPITRE X
de loin, surtout pour les gens non familiers avec le sujet, à des cheveux faiblement laineux. Les anneaux s’y retrouvent assez nettement pour être mesurés, avec un peu de patience. Cette chevelure se rencontre occasionnellement en Europe et j’ai souvent pensé qu’elle devait représenter une race antérieure éteinte, qui comme autres caractères devait avoir les cheveux très noirs, le corps très pileux et une petite taille. Les auteurs anciens donnent aux Silures des îles Estroéménides (Sorlingues) qui au xive siècle avant notre ère se jetaient en Ibérie, des cheveux frisés, bouclés ou entortillés, disent-ils ; on les suit dans leurs pérégrinations partageant le sort des Ligures, des Sicanes et Sicules. Les Barabras ou Nubiens du Jardin d’acclimatation présentaient aussi une forme de cheveux se rattachant plus à celle-ci qu’aux précédentes. Les Australiens et les mulâtres à un certain degré la présentent aussi.
C’est à ce type que se rattache la vadrouille frisée et hérissée qu’on observe parfois à l’état sporadique chez les Européens, jusque dans les rues de Paris et qui est habituelle aux Cafusos de l’Amérique centrale, issus du croisement de l’Indien aux cheveux droits et durs et du nègre aux cheveux crépus et fins. Maximo et Barthola, les'deux microcéphales aztèques exhibés à Paris dont il a été parlé tout à l’heure, étaient des Cafusos, Leur crinière formait une vaste boule autour de leur tête. (Voir leur portrait quelques chapitres plus loin.)
Quatrième type. — C’est la chevelure en vadrouille analogue à la précédente, mais laineuse et constituant le premier type à distinguer parmi les formes diverses que présentent les cheveux du nègre. Elle ne diffère réellement de la précédente que par ses anneaux plus arrêtés, plus nombreux et plus étroits. Deux conditions sont indispensables à sa réalisation, une certaine longueur et un bon entretien des cheveux. Il y a des motifs de croire qu’elle est aux trois quarts artificielle ou du moins qu’on a mis à profit une disposition particulière des cheveux à se hérisser. On croirait, en regardant leur disposition, qu’il y a comme une répulsion électrique entre chaque crin. Ces mopheads des Anglais forment de vastes boules débordant le cuir chevelu brusquement de toutes parts de 6 à 10 centimètres, ce qui, si on allongeait les tours de spire, donnerait une longueur totale très grande. Ils ont été signalés en Nouvelle-Guinée, aux Fidji, à la Nouvelle-Guinée, chez les Cafres et dans le pays des Somalis, mais non sur tous les individus d’un groupe (PL III, fig. 9 et 10).
On doit regarder comme un passage au type suivant les combinaisons : infinies de coiffures imaginées par les Néo-Guinéens, les Cafres de la Ca- \ frerie et du Gabon, les Somalis représentés dans les livres de Duchaillu, , Guislain et Révoil. Ces coiffures indiquent toujours une race ou un mé- ! lange quelque peu supérieur dans la série des nègres, quoique la coquet- ) terie en soit le point de départ. Tout ce que la fantaisie peut inventer s’y : voit : des cylindres, bourrelets, plaques, nattes, accumulés çà et là pour ; produire des tours, des pyramides, des cornes, des chignons, des queues.