‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 261 sur 980 · CIÏEVEU. — LAINE DU MOUTON · texte numérisé non relu

CIÏEVEU. — LAINE DU MOUTON

tous, laissent-ils ensemble les races qui ne semblent pas devoir être séparées, en écartent-ils quelques-unes d’une façon choquante? Toute la question est là. Voici en résumé les divisions qu’engendrent les considérations tirées du système pileux :

Cheveux droits ou sensiblement rectilignes . ..........

— à coupe plus ou moins ronde . . . . .

— à peine développés au visage et au corps

Races d’Asie et d’Amérique, dites jaunes ou rouges.

Cheveux crépus ou très enroulés en spirale . . } Races nègres d’Afrique et d’Océa-

•— à coupe plus ou moins elliptique. . . . i nie.

Cheveux intermédiaires comme enroulement en spirale, j Races européennes, austra- — — comme coupe (ovale).......... i liennes, nubiennes, etc.

Evidemment deux de ces groupes sont corrects, si l’on ajoute que dans le premier sont compris à la fois les Esquimaux, les Peaux-rouges, les Sibériens, les Chinois, les Cochincbinois, les Malais et les Dravidiens de l’Inde, et que dans le second sont inclus tous les nègres sans exception, La seule réserve à faire pour le premier concerne les Polynésiens; il n’est pas encore prouvé qu’ils aient le cheveu rond et droit. Mais cela force à se demander si le Polynésien ne serait pas une transition à un autre groupe et s’il faut réellement le laisser avec les Asiatiques orientaux.

Le troisième groupe, en revanche, ne satisfait pas. Cette réunion des Australiens aux Européens n’est pas naturelle; les Australiens sont si différents, si négroïdes par la plupart de leurs caractères qu’on se résigne difficilement à les laisser côte à côte dans un même embranchement.

Ne voulant pas ici traiter de la descendance de ces caractères, de ceux plus ou moins analogues qui ont pu les précéder chez les animaux, nous nous bornons, en fait de comparaison avec ceux-ci, à quelques mots sur la laine du mouton, à laquelle on a comparé celle du nègre. Il y a chez cet animal et sur la même fourrure deux sortes de poils, l’un en petite quantité, droit, raide et long, appelé la jarre , que les éleveurs cherchent à écarter par sélection, et l’autre fin, souple, plus long encore, dont ils s’efforcent de multiplier la quantité et qui est la laine à proprement parler. Les brins de laine sont ondulés , frisés et en zigzag , dans lesquels les sinuosités s’opèrent dans le même plan, alternativement d’un côté à l’autre, ou vrillés , dans lesquels le poil s’enroule en spirale comme chez l’homme. La finesse de ces brins est plus grande que sur le cheveu même du Boshiman; ils présentent des dentelures produites comme chez l’homme par les débris de l’épithélium propre du poil. Leur coupe est elliptique suivant les uns et ronde suivant les autres, ce qui veut dire que les deux formes se rencontrent sans doute. Réunis par mèches ondulées, en zigzag ou en spirale, ils donnent naissance à l’ensemble propre au mouton appelé toison et analogue à notre cinquième type chez l’homme.

Darwin, s’appuyant sur la présence des poils rudimentaires en abon- Topinard. — Anthropologie. 19

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