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CHAPITRE X

sure, longueur, épaisseur, abondance, couleur, se réduisant anatomiquement à des questions de développement dans un sens ou dans un autre, et par conséquent physiologiquement à des questions de nutrition et d’excitation locales ou générales, plus ou moins faibles ou fortes.

Par conséquent rien ne répugne à croire que dans de certaines conditions, tel ou tel caractère tiré du cheveu, dont nous faisons une caractéristique de race, ne puisse se produire en apparence spontanément dans une suite de générations et, l’action de l’hérédité étant favorisée par l’isolement et le croisement dans le sein des familles, se convertir en un caractère permanent. 11 n’est donc pas besoin d’aller chercher les explications mécaniques et singulièrement fantaisistes des anciens monogénistes.

Mais ce que nous entrevoyons comme une possibilité n’a jamais été pris sur le fait. De tout ce qu’on a avancé à ce sujet il ne reste rien. Les caractères tirés du système pileux se présentent à nous chaque fois que nous pouvons les suivre dans une suite de générations avec une constance inaltérable. Ils sont permanents chez les races dans l’horizon accessible de notre observation directe. L’influence des climats et de la nourriture sur eux ne dépasse pas les individus. Les croisements seuls les modifient en les dissociant et les affolant. Ils nous échappent alors et nous devons croire qu’en cet état ils peuvent entrer dans de nouvelles combinaisons, et s’altérer de fait; ce dernier point n’est meme qu’une probabilité non matériellement démontrée (1).

Application à la classification des races. — Les caractères tirés du système pileux étant permanents dans les races générales et s’associant même avec une constance remarquable dans certaines races particulières, il y a lieu d’en tirer parti dans la classification, s’ils donnent lieu à des divisions franches, conformes à ce que l’ensemble des autres caractères indique. Je m’explique. Lorsqu’on est appelé à établir une classification dichotomique afin d’aider la mémoire, le premier soin est de déterminer, avec tous les caractères que l’on peut réunir et dont l’union fait la force, les groupes que l’on veut ensuite classer en se basant sur ceux de leurs caractères qui s’offrent avec le plus de constance. Or ces groupes fondamentaux ou embranchement de races, qu’on prouve par l’analyse, mais qu’on crée par une sorte de synthèse provisoire, sautent aux yeux, | malgré les contradictions partielles. Ce sont ceux que, depuis Bernier et Bradley, tous les voyageurs et anthropologistes ont reconnus et admis.

Les caractères tirés des cheveux s’accordent-ils avec ces impressions de !

(i) EXPLICATION DES PLANCHES II ET III CI-CONTRE :

1 et 2, cheveux droits : Peaux rouges (Album Smithsonian Jnst.) ; 3 et 4, cheveux frisés : s Australiens (coll. Hartmann et coll. Soc. Antlir. ; 5, cheveux en broussaille : Aïno (Exp.

Sc. Anthr., 1878) ; 6, cheveux laineux en toison : Tasmanien (Brougli Srnyth).

7 et 8, cheveux laineux en grains de poivre : Hottentot et jeune nègre du Zambèse; 9, cheveux laineux en vadrouille : Néo-Calédonien; 11, cheveux laineux en toison : Néo-Calédo- ; nien ; 10 et 11, variétés de cheveux longs.

Topinard. Anthrop'6 P. 288 .

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