CHAPITRE XI
de la châtaigne poussiéreuse. C’est la nuance et le ton que j’ai rencontrés sur quelques milliers de paysans réunis un jour sous mes yeux, dans la cour du Kremlin, c’est celle qui domine dans les marchés desservis par les montagnards de la Forêt-Noire. Un peu plus foncée, cette nuance tombe dans le brun foncé, légèrement rougeâtre ou légèrement jaunâtre si l’on y regarde de très près. Un peu plus claire, elle devient de suite du blond jaunâtre, rougeâtre, ou cendré.
La liste des couleurs de la peau est plus longue, à cause des complications qu’amène l’obligation de distinguer les parties cachées et les parties exposées à l’air. Soit un sujet de race jaune, il pourra mériter le n° 6 à l’avant-bras, le o au visage, et le 3 sur la face dorsale des mains. Le n° 9 me paraît indispensable; ces éphélides, qui peuvent dépendre de l’action du soleil sur une peau n° 8, semblent caractériser une certaine race importante. Les numéros répondant aux blancs de nos pays sont le 7 et le 8; le 7 désigne le teint de ceux que couramment nous appelons des bruns et dont la race méditerranéenne est un exemple, et le 8 répond au teint rose, vermeil ou fleuri (fair et florid complexion) des Anglo- Saxons et des Scandinaves.
Dans cette triple liste je n’ai pas fait figurer les cas anormaux tels que les yeux lumineux des Albinos, les cheveux et la peau feuille-morte, et enfin les cheveux séniles gris ou blanc d’argent.
Il en résulte que lorsque, dans l’étude des races blanches, on voudra comparer les types blonds et bruns et tenir compte de leurs trois éléments, on pourra additionner le nombre des cas correspondants dans chaque groupe et en prendre la moyenne : 1° Les yeux n° 4, les cheveux n° 4 et les peaux n° 7 donneront le type blond. 2° Les yeux n° 1, les cheveux nos 1 et 2 et les peaux n° 7 donneront le type brun.
En somme, ce sont dix-huit types, et en entrant un peu plus dans les détails vingt-deux types, tous nettement définis, correspondant au langage généralement admis, et se prêtant à des réunions par deux, trois ou plus, suivant le point de vue où l’on veut se placer. Nous donnerons tout à l’heure des exemples delà façon d’opérer.
L’un des avantages de cette nomenclature c’est, tout en permettant de continuer à se servir du tableau chromatique de Broca, de pouvoir s’en passer. Le voyageur examine le sujet, comme je le dirai, sans chercher la correspondance précise entre sa couleur et l’un des échantillons ; il se borne à se demander dans quelle nuance et quel ton elle rentre ou desquels elle se rapproche le plus.
J’avais songé à donner ici un tableau chromatique rigoureusement conforme à cette nomenclature, mais il m’a semblé superflu. Du reste, l’impression des couleurs laisse encore à désirer; les échantillons de Broca sont des teintes plates qui s’éloignent forcément de celles de la nature; elles s’altèrent avec le temps et arrivent à ne plus être semblables dans deux tableaux, l’un sortant de l’imprimerie, l’autre qui a servi.