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LA COULEUR. — VARIATIONS INDIVIDUELLES

Certains de ces échantillons très différents à l’origine sont devenus identiques dans la plupart des tableaux entre nos mains.

Variations individuelles. — Notre nomenclature ainsi établie, reprenons l'étude des variations offertes par la couleur chez les individus, avant de parler des races.

Au point de vue anatomique elles se résument comme il a été dit. Le pigment de la peau, des yeux et des cheveux est le même chez tous les hommes ; il ne varie que par la quantité de ses granulations, suivant les uns, par leur corpulence, si je puis ainsi m’exprimer, selon les autres, par les deux très vraisemblablement.

Au point de vue physiologique, il y a deux sortes de pigmentation, l’une propre à la race, à la famille, à l’individu sortant du sein maternel, l’autre qui augmente et diminue avec l’exposition à l’air des parties, avec la saison, le climat, le régime, l’état de santé. Le premier, que j’appellerai le pigment nécessaire, s’observe sur les parties du corps comme les bras ou les côtés de la poitrine qui n’ont jamais subi Faction des stimulants extérieurs. Le second est le pigment supplémentaire ou accidentel.

Toute personne, en effet, à quelque race qu’elle appartienne, a d’une façon permanente, à l’âge adulte, les parties de la peau cachées par les vêtements, plus claires que les parties découvertes. Dans les races à pigmentation moyenne, comme les races brunes d’Europe et les races jaunes, dont les parties du corps sont plus ou moins constamment exposées ou cachées, la coloration parcourt une gamme variée : la face dorsale des mains sera plus foncée que le visage, qui le sera plus que le bas des jambes, celui-ci sera plus foncé que l’avant-bras et ainsi de suite. La coloration de ces parties exposées, peut-être chez certains individus par action réflexe des parties cachées elles-mêmes, sera plus foncée en été qu’en hiver, à la campagne, sur le bord de la mer, sur les plateaux élevés, que dans les villes et endroits mal éclairés, mal ventilés, humides, bas. De même, toute personne bien portante, bien nourrie, tendra, toutes choses égales, à être plus foncée en couleur. Voilà la règle.

Mais dans l’application s’observent de grandes différences. Chez les nègres les effets en seront peu visibles ; et cependant on a cité, et Broca entre autres, des nègres qui transportés dans nos pays ont pâli. A l’autre bout de l’échelle de coloration des races humaines, chez les blonds qui n’ont qu’une faible disposition à la pigmentation, ils seront peu prononcés. Cependant les Danois qui s’installent au Groenland brunissent. Les Anglais soumis au soleil de l’Inde ou de l’Egypte voient leur teint passer du rose fleuri au rouge brique ; leur peau, très sensible à l’air et à la lumière, se brûle plutôt que de se pigmenter franchement; leur épiderme s’exfolie, des phlyctènes même se forment, c’est un véritable erythème ou exanthème solaire chronique ; ils acquièrent une sorte de masque, mais à la longue ; quelques-uns se couvrent de taches de rous-

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