CHAPITRE XI
en Scandinavie et en Ecosse, puis dans le reste des îles Britanniques, en Danemark, Hollande, Belgique, dans les plaines de l’Allemagne, dans le Nord et l’Est de la France. En moindre proportion, on le retrouve dans la vallée du Rhône, dans la Haute-Italie, dans le pays Basque, en Andalousie, d’où on le voit passer au Maroc, dans les Canaries, en Algérie et jusque dans le Sahara, parmi les Touaregs; on en retrouve également des traces en Syrie, au Caucase, chez les Afghans, dans le Kafliristan et le Pendjab. Macauley en 1800, pendant son ambassade à Péking, vit quelques individus aux yeux bleus parmi les Mandchoux, et M. Ujfalvy en a découvert dans le Turkestan, sur les pentes du Pamir.
Sur 58 Galtchas, dit M. de Ujfalvy, près de 9 p. 100 avaient des cheveux blonds, 2 p. 100 des cheveux roux et 81 p. 100 des cheveux châtains; d’autre part 12 p. 100 avaient des yeux clairs. Les mêmes nuances étaient non moins communes chez les Tadjiks qui, ainsi que les Galtchas, sont considérés comme les descendants des anciens Iraniens.
Les blonds apparaissent sur les frontières d’Egypte vers l’an 3000, on les revoit vers l’an 1-400 venant de l’Europe septentrionale, traversant l’Espagne et se répandant dans l’Afrique septentrionale. Vers 631 et avant, ils sont fixés sur les bords nord-est de la mer Noire sous le nom de Cimmériens. Vers l’an 800, ils avaient envahi la côte atlantique de la Gaule, probablement l’île d’Albion. Plus tard on les retrouve sous le nom de Gaulois, lançant des expéditions en Grèce, en Asie Mineure, en Lombardie, à Rome; puis sous celui de Belges, de Kymris, de Cambriens, de Bretons, de Germains, de Francs. Quel est leur centre initial? Leur patrie première fut-elle en Asie dans la terre primitive des Aryens, et est-ce de là qu’ils se sont répandus au sud vers l’Inde, à l’ouest vers l’Europe ; la région cimmérienne non du Danemark peuplée secondairement par eux, semblet-il, mais du Caucase, fut-elle leur point de départ; ou est-ce plus au nord qu’il faut chercher ce centre? Toujours est-il que par ses caractères bien tranchés, liés à un groupe de races bien tranchées, leur type général blond doit être mis à part.
Le second type blanc est le roux. Il est formé par des yeux gris ou verts, des cheveux roux ardents ou jaune-rougeâtres et par atténuation châtain cendré sale, et une peau souvent chargée de taches de rousseur. L’histoire de la race à laquelle il répond est à faire. Jusqu’à nouvel ordre j’admets qu’elle a occupé le sol de la Russie aux époques préhistoriques, antérieurement à l’invasion des Asiatiques, répondant à l’un des deux types finnois actuels, je n’ose dire de celui qui a apporté la langue du Kalevala. Elle est représentée dans la plupart des kourgans anciens de la Russie. Le type en est signalé dans les annales des Han, 1
antérieurement à l’ère chrétienne, en Sibérie et dans le Turkestan chinois. On pourrait se demander si originairement le type roux ne fut pas étroitement lié au type blond précédent et si l’un ne dérive pas de l’autre par une action des milieux.