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CHAPITRE XII

fois sur dix le transverse maximum tombe sur le pariétal, et lorsque c’est sur le temporal, le surplus est minime. Ce qui prouve bien que le transverse maximum doit être cherché n’importe où, comme le voulait Baer, c’est que le renflement osseux sur lequel tombe la plupart du temps le bi-temporal maximum se continue à travers la suture temporale, à son angle postéro-supérieur, sans ligne de démarcation avec le renflement même du pariétal où tombe habituellement le bi-parié tal maximum. Cette dissidence, toute regrettable qu’elle soit, n’empêche pas en somme de comparer les indices céphaliques ainsi obtenus avec ceux parla méthode classique complète.

M. Ailken Mieggs a proposé d’additionner les quatre diamètres frontal transverse, bi-temporal au bord supérieur de l’écaille, bi-parié tal aux bosses pariétale et bi- occipital maximum; et d’en prendre la moyenne. L’idée est bonne, mais, pour une mesure aussi fondamentale que l’indice céphalique, il ne faut qu’une méthode.

Le troisième genre de dissidences concerne le diamètre antéro-postérieur. Deux cas se présentent. Ou le craniologiste prend franchement un point quelconque au-dessus de la glabelle, ou bien il se laisse aller dans certains cas, lorsque la glabelle lui paraît trop saillante, à corriger cet excès dans la limite qui lui paraît sage. Ainsi, MM. Thurnam et Davis prennent, d’une part, le diamètre transverse réellement maximum, mais d’autre part, le point de départ du diamètre antéro postérieur à la glabelle, disent ils, en ajoutant « à un pouce au-dessus de la suture naso-frontale ». Or, à un pouce au-dessus c’est l’ophryon (1). L’autre système, celui de la correction, est plus défectueux : la première qualité de toute mesure craniométrique est d’être déterminée par des points de repère anatomiques sur lesquels aucun malenlendu ne soit possible, ou par des règles implacables, telles que de prendre un maximum ou un minimum, de façon que deux opérateurs à distance ne puissent jamais différer. Or, dans le système de la correction tout est livré à l’arbitraire : les uns trouvent que la glabelle ou jonction des arcades sourcilières n’a rien d’extraordinaire, les autres qu’il faut prendre au-dessus; les uns dans cette voie remontent jusqu’au haut du plan incliné qui atteint le bas du front, les autres s’arrêtent en route ; il y a des crânes où il n'y a pas de raison pour ne pas s’élever jusqu’au métopion. Parmi les partisans de cette conduite, je citerai Primer Bey, Dis et Fritsh, à en juger par leur discussion sur ce sujet au congrès de Berlin. Suivant M. Kollmann, Baer aurait lui-même autorisé l’infra ction à la règle.

Je n’ai pas cité M. Virchow, quoique parfaitement convaincu qu'il suit la méthode de Baer et de Broca. C’est que, si mes renseignements ne me mettent pas en défaut, il a varié : il se laisse aller parfois à pren-

(1) En Angleterre il y a deux systèmes pour le diamètre longitudinal, MM. Busk et Huxley le font partir de la glabelle; Thurnam, Davis et Elower le font partir de l'ophryon ou à peu près.

dre le diamètre antéro-postérieur non à la glabelle/ mais à l’ophryon. J’estime, en somme, que lorsque M. de Hôlder compare la méthode dont je vais à présent parler, à celle de M. Virchow, c’est bien à la méthode classique qu’il la compare (1),

Il y a en effet, dans toutes les mensurations, ce qu’on pourrait appeler les divergences inconscientes. On se fait, on accepte une règle, on s’imagine la suivre et l’on s’en écarte, moins par négligence que pour remédier malgré soi à ce qui paraît un accident de configuration, un relief ou une dépression de hasard. C’est là l’une des causes de divergences dont on se doute le moins et qui rentre dans ce que j’ai appelé ï écart individuel.

Les dissidences sont très regrettables, elles sont pernicieuses sur les cas individuels, mais sur les moyennes elles ont moins de gravité qu’on ne serait disposé à le croire; à en juger du moins par la similitude des résultats obtenus par des opérateurs divers sur des groupes relativement homogènes, comme les Néo-Calédoniens, les Tasmaniens, les Australiens, les Esquimaux. En voici un exemple curieux :

Indice céphalique .

21 Esquimaux orientaux, Broca . 71.7

14 Davis . 71.3

5 — Virchow.... 71 8

27 — Flower . 72.1

101 — Bessels . 71.3

76 — Carr . 70.7

Et cependant le diamètre transverse bi-pariétal ne peut qu’être plus court que le maximum et doit forcément diminuer l’indice, tandis que le moindre écart du diamètre antéro-postérieur maximum ne peut que le raccourcir et par conséquent augmenter l’indice. Si la glabelle est sans importance dans les races jaunes, elle en a beaucoup chez les Australiens, Fidjiens, Néo-Calédoniens, etc. Dans le système de M. Flower les deux diamètres étant tout deux diminués, leur rapport en est peu affecté, et cependant ce doit être le motif pour lequel dans le tableau cidessus l’indice moyen de M. Flower est un peu plus fort. Dans le système de M. Davis on comprendrait mieux que l’indice soit augmenté, et cependant dans ce même tableau il ne l’est pas.

La deuxième ou troisième méthode est plus grave et repose sur un principe absolument différent. Désignée en Allemagne par l’expression de géométrique, elle n’est autre que la méthode de Camper, reprise en 1873 parM. Ihering, dans un travail intitulé la Réforme de la craniomélrie. Nous n’avons à la considérer ici que dans ses applications à l’indice céphalique. Elle prend

(I) Ce chapitre était écrit lorsque j’ai reçu le projet de Francfort, duquel il résulte que M. Virchow s’est rallié à un nouveau système dont, je parle amplement plus tard.

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