INDICE CÉPHALIQUE. — MÉTHODE CLASSIQUE
La glabelle est morphologiquement le point culminant situé en avant du crâne, sur la ligne médiane, entre la racine du nez et la dépression qui commence le front. Elle est constituée anatomiquement de deux façons : tantôt c’est une crête ou éminence transversale en forme de Y, ouvert en haut qui réunit les deux crêtes sourcilières; tantôt c’est une saillie ovoïde à grand diamètre vertical appelée bosse nasale, due aux sinus frontaux. La première forme ne se rencontre guère que chez l’homme, la seconde se rencontre dans les deux sexes; les deux sont généralement associés. Parfois chez les femmes ou dans les races jaunes il n’y a aucune glabelle, la racine du nez se continue avec le front sans relèvement sensible ; dans ce cas on place l’extrémité du compas là où la glabelle devrait être, entre les deux arcades sourcilières.
Le diamètre transverse maximum n’importe où, signifie tombant indifféremment sur le pariétal ou sur le temporal, sous la seule réserve indiquée par Baer.
La méthode classique est suivie par Baer et tous les craniologistes de la Russie, par Broca et toute l’école française, par l’Italie, l’Amérique du Sud, l’Espagne, la Belgique, par Busk dès l’année 1861 (1), par Ecker, Shaaffausen, Weisbach depuis 1874, Schmidt, Ranke, G. Retzius, Sasse, Lissauer, Bessels, Kopernicki, Brœsike, Kupfer, etc. Fondée par Retzius et Baer, adoptée par Broca, elle est aussi allemande que française et survivra, quoi qu’on fasse, à toutes les tentatives des novateurs.
Sous le titre de Variantes de la méthode classique, j’entends toute modification quelconque dans la façon de comprendre les deux diamètres à la fois, ou l’un des deux seulement, l’opérateur ne se préoccupant pas d’une position déterminée à donner au crâne.
Parmi les rares dissidents sur les deux diamètres à la fois se place M. Flower, l’éminent conservateur du Collège des chirurgiens de Londres et directeur du Musée britannique d’Histoire naturelle.
D’une part, il réduit le diamètre antéro-postérieur en le faisant partir de l’ophryon, au lieu de la glabelle, ce qui lui fait perdre son épithète de maximum. De l’autre, il limite la recherche du diamètre transverse au pariétal, ce qui lui fait aussi perdre sa qualité de maximum. Hâtonsnous de dire que, récemment, depuis la publication de son catalogue du musée de Hunter, il s’est rallié, en ce qui concerne le diamètre transverse, à la méthode que j’ai appelée classique. Espérons qu’il se ralliera de même au diamètre antéro-postérieur de Baer et de Broca.
Un second genre de dissidences est celui où le diamètre antéro-postérieur restant maximum, le transverse est bi-parié tal , c’est-à-dire dans bon nombre de cas moindre que le maximum n’imporle où. Parmi les adeptes de ce système se trouvent Morton et ses disciples. La différence avec la méthode classique complète est heureusement faible. Neul
(1) G. Busk, Observations on a systematic mode of craniometry, in Transact. ethnol. Soc. London, 1861, p. 341. : 1