CHAPITRE XII
khand, chez lesquels M. de Ujfalvy a trouvé une moyenne de 88,0; ni de ses 57 Galtchas du Ferghana à 86,2, lesquels en tout cas, ne seraient pas comparables à l’indice craniométrique, mais seulement à l’indice céphalométrique.
De 66,4 à 86,0 l’écart ou l’étendue des variations est de 19,6 dont la moitié est de 9,8, ce qui place la médiane, c’est-à-dire l’endroit où s’échelonnerait au-dessus et au-dessous le même nombre de moyennes, à 76,2. Or, dans notre division des indices céphaliques pour les besoins de la pratique, c’est à 77 que nous l’avons placé. La convenance de notre division en découle directement.
Après l’écart général entre tous les hommes, viennent les écarts possibles et habituels entre les races ou mieux entre les séries de crânes ou de vivants, qui les représentent. Broca professait ce qui suit: a Lorsque les séries atteignent ou dépassent le chiffre de 15, l’écart des indices céphaliques est presque invariablement de plus de 9 unités; il est souvent de 10 à 12 dans les races les moins mélangées ; il peut même aller un peu plus loin, dans des cas où l’intervention des croisements est au moins douteuse, à des écarts de 20 et 23 unités établissant que les populations que les séries représentent sont issues du mélange de brachycéphales et de dolichocéphales » (1).
Nous souscrivons d’une manière générale à ces propositions, mais en faisant observer que la question est plus complexe que cette formule ne semble l’annoncer. Ce qu’on appelle une race pure n’est souvent qu’un produit dont les éléments sont peu divergents et, pour s’en tenir àl'indice céphalique qui en esl l’un des modes d’expression, une conséquence d’indices naturellement voisins. Mélangez parparties égales des brachycéphales et des dolichocéphales pendant un laps de siècles suffisant, vous en ferez des mésaticéphales à variations peu étendues. Et cependant à l’origine, ce mélange donnait des variations étendues, proportionnelles à la somme des variations particulières de chacune des races mises en contact. Peu à peu les variations ont diminué, à mesure que la fusion s’est opérée. Mélangez d’autre part deux races toutes deux dolichocéphales ou même plus rapprochées, toutes deux sous-dolicliocéphales ou sous-mésaticéphales, comme l’Arabe et le Berber en Algérie, l’écart sera faible dès l’abord et l’épithète de race pure semblera de suite leur être applicable. Cependant ce sera à tort.
Chez les Australiens existent deux types, tous deux dolichocéphales. Les éléments étrangers avec lesquels il faudrait compter, si l’écart des variations était considérable, sont tous dolichocéphales, les Néo-Calédoniens et Néo-Guinéens, ou sur les limites de la dolichocéphalie et de la mésaticéphalie (74-75), les Tasmaniens et Polynésiens; il n’y a que les Malais sur la côte nord-ouest qui pourraient grandir l’écart, parce qu’ils sont
(1) P. Broca. Ethnologie italienne. Les Ombres et les Étrusques , Revue critique in Revue anthr., 1874, p. 295.