‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 342 sur 980 · JAVANAIS · texte numérisé non relu

JAVANAIS

(Broca).

ou non. Aucune trace n’existe de cette belle courbe des probabilités, que Quételet prétendait applicable aux phénomènes anthropologiques comme aux mesures anthropométriques.

En exprimant ces courbes par des dessins graphiques, au lieu de sommets on aurait à une seule exception près des espèces de plateaux accidentés, comprenant plusieurs unités et répondant à peu près à l’écart probable de Cournot (la moitié des cas). Aux extrémités il y a égrènement des cas particuliers avec interruptions. Ainsi dans la première série, celle desFidjiens, l’indice de 61 est si éloigné du suivant 6i, qu’on se demande s'il ne s’agit pas

INDICE CÉPHALIQUE. — SÉRIATIONS. 383

d une anomalie ou de quelque réminiscence par atavisme d’un type éloigné, différent. Pas du tout, j’ai vu le crâne, c’est parfaitement le type des suivants, il en est même l’un des meilleurs représentants. C’est celui à 71, jeté à l’autre bout de la série qui, au contraire serait le moins typique.

Dans la troisième série, celle des Tasmaniens, cetle race éteinte qui par ses caractères paradoxaux, disait Broca, est toujours à l’écart dans ia gradation des caractères et qui, par cela même, acquiert des droits à être regardée comme un type sui generis , les 3/5 des indices se concentrant dans l’espace de cinq unités, tandis qu’au delà des extrémités se perdent des cas rares qui semblent indiquer que ce sont les deux éléments ancestraux qui jadis ont fait conjonction pour constituer le produit ethnique, qui s’est éteint il y a 12 ans.

A mes débuts en craniologie, non initié aux discussions du jour, j’émis la pensée, à l’examen de ces crânes, que le Tasmanien était formé de deux races antérieures. La sériation m’y ramène, mais le nombre en est trop faible !

Dans la série des Basques, où ce nombre est plus respectable, il y a comme chez les Fidjiens un cas isolé à 70. Que signifie-t-il ? Le crâne esH; normal, ne présente pas d’élongation par une compression extérieure ni de trouble d’ossification dans les sutures. Les Basques espagnols, supérieurs comme pureté aux Basques français, se composent : 1° des descendants des anciens Ibères, les mêmes sans doute que les habitants de la grotte deSorde, du temps de la pierre polie, dolichocéphales; 2° des descendants des Celtes dont la pénétration en Espagne est connue au moins vers le treizième siècle avant notre ère, brachycéphales ; 3° de quelques blonds laissés à leur passage par ceux que les Egyptiens appelaient des Tamahou, puis par les Visigoths et les Vandales, dolichocéphales. Cet indice isolé peut être le reste d’une race plus ancienne que les Ibères euxmêmes et plus dolichocéphale encore. Je me borne à poser ces questions, ne voulant que montrer les points d’interrogation auxquels tout ce qui semble irrégulier dans une sériation donne naissance.

En principe une série, lorsqu’elle est d’une provenance homogène, doit présenter un centre maximum à partir duquel de chaque côté les nombres vont en décroissant par sauts réguliers jusqu’aux extrémités. En fait, cela ne se présente jamais, j’ai en main un nombre considérable de sériations prises à tous les auteurs, je n’en trouve pas une à reproduire comme exemple approximatif de l’idéal rêvé. La série des Basques est une des plus satisfaisantes souscerapport. C’estqu’aucun des groupes humains que nous décorons du nom de races et qui ne sont que des collectivités plus ou moins hétérogènes, n’est pur, et qu’en outre les circonstances qui président à la répartition des cas particuliers sont nombreuses.

Dans la série de Borreby en Danemarck, au temps de la pierre polie, on distingue un groupe principal comme dans la série des Tasmaniens avec trace de maximum vers 79, mais plus loin, se détachant de cette masse, s’en dessine une seconde donnant l’idée d’un second maximum. C’est

Page 1