CHAPITRE XII
26 Parisiens, Saint-Marcel, ive au vme siècle . 77.6
35 — Saint-Germain-des-Prés, vin0 siècle . 78.4
125 — Cité, xiie siècle . 70.1
117 — Cimetière des Innocents, xvic siècle . 70.5
125 — Ouest, xixe siècle . 70.0
1000 — Catacombes , antérieurs au xixe siècle . 70.6
16 Puiseux (Seine-et-Oise) . 77.3
53 Normands . 78.7
20 Montagnards de l’Ain, ive siècle (Hov.) . 80.5
11 Alsace-Lorraine . 82.0
136 Bretons (Côtes-du-Nord) (Br.) . 81.5
Lozère actuelle . 83.1
31 Berrichons (T.) . 77.7
172 Auvergnats (Puy-de-Dôme) (divers) . 84.0
53 Montlureux (Vosges) . 86.5
35 Charentais (Hov.) . 84.1
60 Savoyards (divers) . 85.6
60 Basques français de Saint-Jean de Luz (Br.) . 80.0
60 — espagnols du Guipuscoa (Br.) . 7 7.6
On y voit à l’origine la race qui habitait les hautes vallées de la Lozère et des Pyrénées, et qui auparavant étaitrépandue en toute liberté sur toute la surface du pays, dolichocéphale à72 et 73.
Puis un mélange de cette même race avec une nouvelle race, brachycéphale, dans les dolmens, les grottes de l’Oise, les habitations souterraines de la Marne et autres lieux, mésaticéphale de 75 à 80. L’introduction dans notre pays de cette race nouvelle qui, contrairement à toutes les règles concernant les peuples envahisseurs, modifia si profondément la population qu’elle rencontra, est l’un des problèmes les moins résolus de notre anthropologie. Nulle part nous ne trouvons ses représentants à l’état de pureté en masse. Elle brûlait ses morts, il est vrai. Nous la reconstituons aujourd’hui plutôt par induction, par la comparaison de ses descendants les : plus favorisés par ses refuges, comme en Auvergne et en Savoie dans le : temps présent, que par ses restes positifs dans le passé. C’est cependant la partie essentielle de la race française actuelle, ce qui lui donne sesqua- . lités physiologiques, la race celtique, celle qui plus encore que les Gaulois a ; défendu le sol national à Gergovie. Plus loin nous dirons que cette popu- • lation brachycéphale préhistorique venue avec la civilisation de la pierre » polie, essentiellement sédentaire et agricole, se continue à l’est avec les • brachycéphales de l’Allemagne du centre et avecles Slaves, et se poursuit a jusque sur les pentes du Pamir dans l’Asie centrale, chez les Galtchas (1). r
Plus tard avec l’âge du fer, aux premières lueurs de l’histoire, l’indice j céphalique s’abaisse non par le fait d’une prépondérance qu’aurait reprise * la première race dolichocéphale, mais parce qu’une nouvelle race ap- t paraît avec ceux dont les dernières ondes portent le nom de Gaulois. ?
(1) P. Topinard, Discussion et présentations à la Société d'anthropologie , Bull., 1877, ' p. 335 ; 1878, p. 118, 247 et 383.
INDICE CEPHALIQUE. — FRANCE.
son influence la plus nette se retrouve dans les Mérovingiens des environs de Paris, et les Parisiens du cimetière Saint-Marcel. Pour lavoir plus accentuée il faudrait passer le Rhin et la prendre dans ses cimetières en rangées ou Reihengraber avant que ses tribus conquérantes compactes ne se soient noyées dans la masse des conquis.
Brillante et tumultueuse dans l’histoire, le sort de cette race fut l’inverse de la précédente venue sans bruit, en masse et comme par infiltration. Son indice céphalique se fait sentir, puis se perd. De 76 et 77 l’indice remonte rapidement pour aboutir à la moyenne actuelle des Parisiens de 79.6. Dans quelques localités, comme à Puiseux, son influence persiste davantage; en revanche elle s’amoindrit de plus en plus dans le centre de la France, comme en témoignent les habitants actuels de la Lozère, les
Fig. 44. — Vue verticale du crâne celte typique, de Broca (n° 9 de la série des Auvergnats).
Indice céphalique 85.4 (1).
Auvergnats, les Berrichons, les Gharentais et surtout les Savoyards, les mieux défendus, paraît-il, par leurs montagnes. Gà et là se montrent des indices intermédiaires accidentellement, comme dans les Côtes-du-Nord par suite de l’immigration, vers le quatrième siècle, des Bretons venus d’Angleterre, et dans le Calvados, où parurent les Scandinaves an neuvième siècle. Enfin dans le Midi, l’indice est à 80 parle mélange de l’élément celte se rattachant au massif central de la France, avec l’élément basque, moins mélangé encore en Espagne dans le Guicuspoa, qui descend de la race dolichocéphale de la grotte de Sorde et de Baumes-Chaudes au temps de la pierre polie. Ces aperçus découlent nettement du rapprochement des renseignements tirés de l’archéologie, de l’histoire et de la linguistique, d’autres
(1) P. Broca, La race celtique ancienne et moderne ; Arvernes et Armoricains , Auvergnats et Bretons , in Revue d’authr., 1873, p. 577.
Topinard. — Anthropologie. 26