‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 352 sur 980 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

gagé les caractères crâniométriques qui permettent de reconnaître les deux. Est-ce par son sentiment, mais basé sur quoi? Sur des à peu près, sur des souvenirs. Ceci est de la science d’un autre temps. Assurément il ne découvrira pas d’emblée par la crâniométrie ce que sont les deux types qu’il s’agit de dégager; ce sera un travail laborieux,, mais la science ne se fait pas en un jour ; on voit confusément, on se livre à deshypothèses, on les contrôle, on passe à une autre et l’on recommence s’il y a lieu. De cette façon on arrive, un petit fait acquis conduit à un autre et ainsi de suite. La sériation n’est qu’un moyen pour aboutir du connu à l’inconnu, de la confusion à la clarté.

On ignore, je suppose, en quoi la forme de la tête diffère chez les Finnois et les Suédois, si les uns ou les autres l’ont ronde ou allongée et dans quelle mesure. On prend deux localités écartées qui, par l’ensemble des renseignements puisés dans l’histoire, la littérature, la linguistique, ont le plus de chance d’être l’une essentiellement suédoise, l’autre essentiellement finnoise, on mesure les crânes de 100 de part et d’autre et on établitleurs moyennes. Ces deux moyennes donnentnonle chiffre des races pures, probables cependant, mais leur relation, leur distance, s’il faut ranger les uns dans la case de la brachycéphalie, les autres dans celle de la dolicho ou de la mésaticéphalie. C’est alors seulement que nous pouvons entrer dans les détails, examiner les variations (modifications de M. Retzius), les analyser, et chercher la proportion des mélanges et que, peu à peu, en mesurant d’autres séries et les rapprochant de celles-ci, nous pourrons aboutir à avoir une idée scientifique des deux races en question et même des autres éléments qui seront venus s’ajouter à elles, aulieu d'impressions personnelles confuses dans lesquelles la dernière a toujours l’avantage.

Differenc*» suivant les races. — Moyennes. — Passer Cil revue les différences que donnent les moyennes dans les collections d’hommes ou de crânes que nous qualifions de races, c’est insister sur des chiffres dont ! nous avons déjà donné un aperçu à propos des sexes et des individus mis j en série ou distribués par groupes ; c’est établir la répartition géographique : de l’indice céphalique à la surface du globe dans le présent et aussi loin i dans le passé que les documents le permettent. La tâche est considérable, 1 j’aiessayé de la remplir dans mes cours. Elle oblige à résumer incessam- ment les renseignements que l’on possède sur la composition historique i des peuples dont on parle dans chaque pays, elle empiète sur la seconde i partie de l’anthropologie ou anthropologie spéciale. Je ne puis l’entreprendre i ici et je dois me borner à des exemples restreints et assez arides, autre- f ment dit à de simples listes d’indices moyens que le lecteur devra méditer \ lui-même. Il n’est pas de caractères crâniométriques et céphalométriques à sur lesquels existent autant de documents.

L’indice a été l’objet d’un vif engouement, il se comprenait de suite et I se prenait aisément. De même qu’il y a des gens qui font de la crâniomé-

INDICE CEPHALIQUE. — MOYENNES.

trie toute l’anthropologie, il y en a qui font de l’indice céphalique toute la crâniométrie. 11 est utile que la science s’engoue de temps à autre de quelque idée, sauf à reconnaître après qu’elle a dépassé la mesure. Nous nous en félicitons ici et nous espérons qu’elle continuera. En effet, ces documents sur l’indice céphalique sont moins riches qu’ils neparaissent : les uns portent sur de trop petits nombres et ne méritent d’être reproduits qu’à titre de jalons, les autres portent sur des groupes de composition très hétérogène, ou n’ont pas été obtenus par des procédés toujours identiques.

Gildemeister donne la liste suivante des indices céphaliques moyens, obtenus par des auteurs différents sur les crânes des Eeihengraber dans lesquels se trouvent les représentants anciens les plus typiques de la race que nous avons qualifiée de kymrique.

Moyennes des crânes des Reihengraber.

His . 70.7

Ecker . 71.3

Hôlder . 72.0

Kollmann . 72.3

Ihering . 74.2

Virchow . 74.9

Et il s’étonne de la divergence de ces résultats? Assurément ils peuvent provenir des mélanges avec la population vaincue, en plus ou moins grand nombre dans les diverses stations étudiées, ou de différences réelles existant entre les bandes gauloise, germanique, suève, alemane, mérovingienne, quelque nom qu’ils aient porté; mais toutes les probabilités sont qu’il ne s’agit que de divergences de procédés. Je n’en doute pas pour M. Ihering et je crains qu’il n’en soit de même des chiffres de M. Virchow comparés à ceux de M. Hôlder.

Aussi dans les tableaux qui vont suivre serai-je assez sévère et aurai-je soin de ne donner en général que des chiffres d’auteurs dont je connais ou crois connaître exactement le mode opératoire.

Le premier concerne la France et est entièrement emprunté à Broca et à ses disciples (Hov. pour Hovelaque, T pour Topinard). Les sexes y sont généralement mélangés. Je ne remonte pas au delà de la pierre polie faute de sériesvéritables.

Indice céphalique. — France.

Nombres. Moyennes.

34 Caverne de Beaumes-Chaudes, P. polie (Lozère) . 72.6

18 — de l’Homme-Mort, — — 73.2

16 — de Sordes, — (Pyrénées).... 74.1

28 Dolmens de la Lozère — - . . 75.8

54 — des environs de Paris, — . . 75.0

44 Grotte de Baye (Marne), — . 78.0

16 — d’Orrouy (Oise), — . 79.5

15 Gaulois, âge du fer . 76.9

81 Mérovingiens de Chelles, etc., vme siècle . 76.3

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