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LOIS DE CROISSANCE

résumer nous préparent à comprendre toutes les variations accidentelles sous l’influence des milieux interne et externe, mais elle nous porte aussi à croire que, passé une certaine période répondant au terme du développement des os, tout accroissement sera enrayé, ou du moins sera inappréciable ou insolite. La période qui la précède, allant de la naissance à l’âge de 26 ans environ, est donc la seule où nous ayons à nous préoccuper de cette influence, celle sur laquelle doit se porter toute notre attention à ce point de vue. Du reste, les raisonnements ne conduisent qu’à des présomptions; la parole, en dernier ressort, reste aux faits que nous allons examiner.

Ag-es, lois de croissance. — Comme il a été dit dans notre historique, il est deux façons de procéder dans les sciences : l’une où, en vertu de certaines idées, quelle que soit leur origine, on s’en forge d’autres, dont on cherche ensuite la démonstration à l’aide des faits; c’est la méthode a priori: elle produit parfois de grandes choses, mais souvent aussi elle détourne de la voix sûre. Les proportions du corps et de la taille n’y ont pas échappé.

Parmi les a prioristes se remarquent Liharzic, de Vienne, qui découpe les phases d’accroissement du corps, comme s’il s’agissait d’un objet brut, en sections dont l’étendue croît suivant une formule simple et obéit à des règles mathématiques; et Quetelet soutenant que dix sujets suffisent à chaque âge, pourvu qu’ils soient pris dans les conditions ordinaires c’est-à-dire choisis, et partant de la proposition suivante, en même temps qu’il y aboutit :

« Tous les hommes forment un vaste ensemble qui se distribue de la manière la plus uniforme ; les groupes de chaque âge se séparent de la manière la plus symétrique et la plus facilement calculable; il suffit de quelques termes faisant connaître les tailles extrêmes et le nombre total des hommes formant la population, pour dire à priori, d’année en année, leur ordre de classement pour chacun de ces groupes. » Voyez en effet les listes de Quetelet ; quelle que soit la mesure, elle grandit avec une simplicité idéale ; c’est un rythme franc, sans irrégularité. Le statisticien n’a pas de déception, les hasards sont supprimés. Et cependant chaque groupe, à tout âge, de l’un ou de l’autre sexe, ne comprend, sauf le premier, que dix sujets. Les travaux de Quetelet ont eu un grand retentissement; c’est la première fois qu’on appliquait les lois de la statistique et des probabilités aux phénomènes anthropométriques, tl n’est pas douteux que, par comparaison avec tous les essais qui l’ont précédé, ce ne fut un essai considérable et de valeur dans lequel on est heureux de puiser, faute de documents plus étendus et pour prendre un premier aperçu d’un sujet. Mais on doit s’en défier; toute statistique humaine,

Ann. des sc. nat., 1845, 1846, 1860, 1861 et 1862. — Ch. Rouget, Développement, et structure du système osseux , thèse de Paris, 1857. — P. Broca, Recherches sur le rachitisme . Paris, 1852 et 1861. — L. Ollier, Divers, in Comptes-rendus Acad, des sciences , 1859; Archiv. de physiol., 1873; Journ. physiol. expérimenta de Brown-Scquart, 1859.

Topinard. — Anthropologie. 27

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