‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 388 sur 980 · TAILLE. — VARIATIONS EXTRÊMES · texte numérisé non relu

TAILLE. — VARIATIONS EXTRÊMES

page 442, mais réduite en nombres proportionnels. En ce moment nous parlons des chiffres absolus. Y a-t-il quelque part vers ses extrémités un saut, une lacune qui montre que les variations ordinaires sont finies et que les variations anormales, pathologiques, tératologiques commencent? tout le secret est là.

A priori on ne conçoit pas la possibilité d’une lacune entre des cas physiologiques, subphysiologiques et pathologiques; l’expression anglaise to be ornot to be n’a pas d’application ici. Cherchons cependant.

Le dernier cas, le plus fort, est à lm,98, il est isolé. A 1“ ,97, P, 96, lm,95, rien. Alors commence la série régulière : 2 à P, 94, 3 à lm, 93. Est-ce une lacune? Oui, mais pour que l’effilement de la série soit parfait et conforme aux gradations d’avant, il faudrait une répétition du nombre 2 à P, 95 et du nombre 1 une fois ou deux, à P, 96, etc. ; par conséquent P, 98 n’est qu’un hasard de statistique, c’est la suite naturelle des variations extrêmes chez l’Italien de 20 ans, il n’y a pas lieu d’en faire un géant.

De l’autre côté, par en bas, l’effilement de la sériation se fait moins bien. A partir de la taille de P1, 38, il y a des secousses. A P, 35, à P, 31, à P, 30 se trouvent des nombres trop forts ou trop faibles à négliger si l’on veut suivre l’ensemble de la courbe. A P, 25 encore un nombre trop fort. Voilà comment se suivent les chiffres : à P, 27, 14 cas; à P, 26, 25; à P, 25, 158; au-dessous de P, 25, 52. Il n’y a donc aucune indication de lacune ou de reprise de fréquence tenant à un ordre de cause nouveau et ayant un caractère de constance. Du reste si l’accroissement de la taille a une limite, son défaut d’accroissement n’en a guère. Il y a des sujets petits de 1 mètre et moins dont le corps est bien conformé, aussi bien que les facultés. On connaît des petites tailles de 50 centimètres, c’est-àdire arrêtées dès la naissance. Le nain de Birch avait moins encore. Donc aucune lumière. Tout ce que nous essayerons sera arbitraire.

La règle dans les sériations suffisantes et correctes, c’est qu’à partir de la médiane, les groupes de fréquence en tant que variations probables, rares, anormales, etc., sont symétriques. Si donc on choisit un point comme limite entre les hautes tailles et les géants, il entraîne forcément une limite semblable entre les petites tailles et les nains. En se guidant sur la haute taille de P, 98 ou sur un groupe plus fourni, P, 90, il faut transporter la ligne de démarcation semblable pour les petites tailles à P, 26 ou P, 34 (36 centimètres de chaque côté de P, 62 dans le premier cas, 28 dans le second). En se guidant, au contraire, sur les renflements principaux analogues à l’autre extrémité, de P, 25 et P, 30, il faudra transporter la même démarcation pour les hautes tailles à P, 99 et P, 94. La concordance est assez remarquable pour les termes les plus écartés. Il s’ensuivrait que dans la race italienne le géant commencerait vers P, 98 ou P, 99 et le nain vers P, 25 ou P, 26. Mais, je me hâte de le dire, le raisonnement est un peu subtil.

Bornons-nous donc à nous rendre compte de la proportion des tailles ex-

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