‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 391 sur 980 · TAILLE. — VARIATIONS EXTRÊMES · texte numérisé non relu

TAILLE. — VARIATIONS EXTRÊMES

On a pris des renseignements particuliers sur 25 d’entre eux. Le plus grand, mesuré à nouveau plusieurs fois, avait 2m,095 ; il supportait la fatigue aussi bien qu’un homme ordinaire. Il est dit au contraire d’un autre de 2m,057, qu’il était incapable d’une marche soutenue et qu’on dut le renvoyer des cadres. « Les témoignages de nos chirurgiens s’accordent, dit M. Gould, à affirmer que les hommes trop grands ne résistent pas à la fatigue, sont plus souvent portés sur la liste des malades et fournissent une plus grande mortalité. »

Pour les petites tailles, les chiffres de M. Gould ne permettent pas d’indiquer leurs nombres proportionnels aux diverses tailles. J’extrairai seulement ce qui suit de ses statistiques : de 31 à 35 ans, époque où le développement de la taille est complet et où par conséquent on peut moins attribuer le déficit à un développement non terminé, il s’en trouve 3,500 pour un million d’individus ayant moins de lm,549, c’est-à-dire moins que l’ancienne taille règlementaire minimum du conscrit français. Les plus petites tailles, très authentiques, à un âge suffisamment avancé, que M. Gould indique, sont les suivantes : 1 de 1 111 ,365 une période voisine du terme du développement, dit-il; 1 de lm,244 à l’âge de 44 ans, et 1 de 1,016 à l’âge de 24 ans. C’étaient de bons soldats, le dernier attaché au 192e régiment d’infanterie de l’Ohio, donc des sujets bien constitués.

La seule conclusion que nous voulions tirer de ces deux immenses statistiques, celle des États-Unis et celle de l’Italie, c’est qu’entre les variations extrêmes extraordinaires, grandes ou petites et celles qui caractérisent ce qu’on appelle des géants ou des nains, il y a une suite d’intermédiaires et qu’aucune ligne de démarcation n’existe entre eux et les tailles physiologiquement hautes et basses. Il résulterait cependant de la comparaison précédente que les races grandes fournissent, toutes choses égales, plus de géants, etles racespetitesplusde nains. Et pourtant on exhibe souvent, en Europe, des géants provenant, par exemple, de la Chine.

Quant aux enseignements physiologiques à tirer de ces cas pour les lois de la croissance, ils ressortent de la connaissance des antécédents. Tout géant ou nain demande qu’il soit dressé de lui une observation complète comme on fait en médecine. Quelle est sa santé, le rythme de sa croissance? A quel moment et dans quelles conditions a-t-il cessé de croître ou a-t-il grandi davantage? S’il s’agit d’un géant, est-ce à la reprise de la puberté que remonte l’exagération delà croissance ou bien parce que le terme de celle-ci a été prolongé?

Tout cela revient à dire que les mystères de la taille doivent être élucidés moins par les moyennes que par les cas individuels. Faute de ces documents désirés, prenons un aperçu de ceux dont la science dispose. Ci-joint des exemples de variations extrêmes dans des séries de diverses grandeurs, à un âge exact.

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