CHAPITRE XIII
Etendue des variations
individuelles à un âge donné [hommes).
Ages.
Nombre de cas.
Maxim.
Minim.
Écart.
508 mm
Roberts (Angleterre) .
Pagliani (Italie), 1854-55, 1876 .
Gould (États-Unis, guerre Sécession).
^ vers 20
Lélut (France) .
vers 25
V 50 et +
Les six premières indications sont très précieuses. Mais l'étendue des variations de 343 à 583 millimètres diffère-t-elle dans les proportions données, parce que cette période de l’évolution de la taille le veut, ou bien n’est-ce qu'une question de hasard? il eût été important de le savoir. Cette recherche n’est pas davantage possible avec la statistique de Pagliani, qui montre du moins, avec celle de Gould, combien cette étendue croît avec le nombre des sujets. Dans la statistique de Lélut, il y a une fixité à 50 millimètres près dans l’étendue de l’écart, qui est singulière. De tout cela, on ne peut guère tirer de règle générale. Les causes qui président soit aux variations individuelles réelles, soit à l’écart qui les exprime dans un tableau de ce genre, sont trop complexes.
Suivent, à présent, des exemples de variations dans les conditions où se placent la plupart des observateurs opérant en vue de connaître la taille moyenne d’un groupe, c’est-à-dire sur des adultes tels qu’ils se présentent à partir de 17 ou 19 ans environ, les vieillards n’étant pas mis de côté habituellement.
Variations extrêmes dans les séries (hommes).
Nombre.
Extrêmes.
Ecart.
Anglais de Flamborough 18 à 67 ans..
(Maj. P. Rivers) ....
241 mm
Kabvles de Palestro 20 5 50 ans .
(Prengrüber) .
Livoniens 19 à 68 ans .
(Waldauer) .
Lettes 19 à 55 ans .
(O. Woeber) .
Juifs de Riga 20 à 49 ans .
(Blechmann) .
Galtchas .
(Ujfalvy) .
Usbecks .
Chinois .
(Brighamet INovara).
Japonais 20 et au delà .
(Mmc Aysrton) .
Nombre.
74 Baskirs de 20 à 22 ans .
42 Sauvages du Laos .
517 Iroquois .
15 Fuégiens .
50 Néo-Calédoniens .
147 Néo-Zélandais .
126 Australiens du sud, de l’est et de l’ouest.
17 Weddahs . . .
Boshimans .
59 Lapons de 14 à 83 ans .
Extrêmes.
Écart.
(Sommier) .
(Harmand) .
(Gould) .
(Divers) .
(Bourgarel) . .
(A. Thompson). . . .
(Cauvin) .
(Bailey) .
(Barrow) .
(Mantegazza) .
Dans notre travail sur la taille en 1876, après avoir donné les variations individuelles dans 38 séries du sexe masculin, nous disions : Leur étendue varie de 51 millimètres chez les Aïnos ou 101 chez les nègres du Galabar et les peaux-rouges Chippeways, à 465 chez les Néo-Zélandais ou 459 chez les Papous. Il n’y a pas de règle à en tirer, le hasard dans les séries faibles a plus d’influence que le degré d’homogénéité de la race.
Si nous choisissons les séries se rapportant à des races réputées pures, nous trouvons une étendue de47 millimètres seulement chez les Andamans, mais tout à côté une étendue de 266 chez les Yeddahs de Ceylan. Il est même à remarquer que l’écart est aussi fort dans les petites que dans les grandes séries ; il est de 394 chez 10 Lapons et de 360 chez 400 Français. Notons pourtant que la moyenne de tous ces écarts si divers est de 207 millimètres.
La plupart des exemples du tableau précédent ne figuraient pas dans notre travail; ils ne nous poussent pas à parler aujourd’hui autrement.
Passons à la méthode de la sériation, bien préférable pour se rendre compte des variations individuelles. Nous en avons déjà parlé deux fois à ce point de vue, cherchant en vain une sériation parfaite, et, poursuivant l’idéal considéré par Quételet comme habituel dans les caractères anthropologiques. Avec l’indice céphalique, nous avions commis un tour de force en nous élevant à 1,000 cas. Cette fois, le seul exemple que nous donnerons portera sur 414,000 cas de tailles, prises au même âge. Nous en reproduisons la liste entière, afin que le lecteur juge une bonne fois combien le rêve de Quételet est illusoire. Laissant les nombres absolus, c’est la proportion pour cent que nous donnons; en déplaçant la virgule de une ou de deux décimales, elle deviendrait une proportion pour 1,000 ou 10,000. Afin d’économiser la place, nous arrêtons la sériation aux deux extrémités, là où, seterminant insensiblement, la proportion ne porte plus que sur la troisième décimale. Pour donner une idée de l’importance des nombres absolus qui répondent à ces proportions, il suffira de dire que la moyenne dé 5,99 à lm,62, comprend 28,800 cas, celle de 0,01 à 1,88, 31 cas.