TAILLE. — INFLUENCE DES MILIEUX
cations. L écart médian ou probable de Gournot, pour continuer, c’est-àdire la moitié des cas de la série, s’étendrait donc de 1 ,57 à 1 ,67 environ. C’est, en somme, une belle sériation, mais cependant troublée encore çà et là par les hasards des accumulations de variations semblables. Par en haut, il n y a rien de bien sensible, mais par en bas, il y a trois irrégularités patentes, sans parler de celles omises, dont il a été question à propos des géants et des nains (1).
influence «les milieux. — Les développements auxquels nous venons de nous livrer étaient la préface de la partie présente. Dans toute question anthropologique il y a deux aspects, le côté anatomique inséparable de la physiologie, où l’on raisonne sur le réel et le possible, et les faits bruts qui confirment les prévisions ou les écrasent. Des phénomènes peuvent être très rationnels et ne pas se produire. Nous en avons eu des preuves avec les caractères tirés du cheveu, de la forme de la tête et de la couleur; que va nous dire la taille? D’autre part, dans tout état anatomique ou physiologique, il y a deux aspects : le normal ou ordinaire, et l’anormal ou modifié; pour connaître le second, il faut connaître le premier, vérité de M. de la Palisse, que l’on oublie trop; pour savoir si le rythme de la croissance est changé et si la taille définitive d’un groupe n’est plus la même, il faut savoir ce que sont l’un et l’autre dans les circonstances ordinaires.
Sous le nom de milieux, nous entendons, dans le sens le plus large, à 1a. façon de M. de Quatrefages, tout ce qui peut influer sur les organes de l’homme, directement par l’extérieur, ou indirectement par l’intérieur. Chaque organe a ses excitants naturels. A la peau c’était l’air et la lumière. Aux os ce sont essentiellement les conditions générales et le régime qui gouvernent leur mouvement de mutation et d’accroissement, et acccessoirement la fonction même qu’ils remplissent comme organe de sustentation du corps et point d’attache des muscles. Il en résulte qu’un très grand nombre de circonstances peuvent être invoquées comme propres à retarder, modifier ou accélérer la croissance du squelette et ses dimensions définitives.
C’est ainsi que beaucoup soutiennent avec Quételet que le séjour des villes et des campagnes, le séjour des plaines et des montagnes, les travaux modérés ou portés à l’excès dans les fabriques, la qualité et la quantité de la nourriture, les saisons et même les heures, influent sur la croissance de l’homme; avec M. Daily, que l’exercice, la station verticale et la marche maintiennent la taille courte, tandis que le décubitus horizontal pousse à la taille haute; avec M. Durand de Gros, que le terrain géologique qui préside à la composition des eaux qu’on boit a une influence décisive.
(1) Voir page 436.