TAILLE. — CONDITIONS SOCIALES
comparaison a été possible dans de bonnes conditions, à 10 ans, la classe aisée 1 emporte par sa taille sur les travailleurs considérés en masse et dans les petits groupes. L’excès sur le tout est de 2 centimètres et demi à dix ans et de 8 centimètres et demi à onze ans, l’âge où les nombres de sujets sont mieux équilibrés. Deux explications se présentent : ou les enfants ont hérité dès le premier âge d’une taille plus petite, et alors la déduction que la taille est plus faible chez les travailleurs se reporte sur les parents; ou les enfants ont déjà souffert avant dix ans, ce qu on ne doit attribuer qu’à une hygiène et un régime mauvais. La seconde remarque c est que partout, à tous les âges, en comparant la classe supérieure avec les autres groupes, on la trouve plus haute de taille. Dans les extraits ci-dessus des tableaux de M. Roberts, le surplus varie de 5 à 8 centimètres. Les chiffres de M. Pagliani sont conformes. En troisième lieu, si l’on sépare dans la classe aisée ceux qui vivent à la campagne ou à la ville, on voit que la taille est plus élevée chez les premiers, d’une quantité moindre toutefois que dans l’opposition des classes. De même les industriels de la ville étant séparés en deux lots, les uns travaillant en plein air et les autres en chambre, ceux-ci ont la taille la moins développée. Enfin, si l’on oppose, comme le fait M. Cowel, les enfants des fabriques à ceux qui vivent au dehors, on voit que les premiers ont une taille moins élevée, de 15 à 67 millimètres. C’est grave !
En examinant ensuite la croissance aux âges indiqués, choisis seulement à cause des nombres qui leur correspondent et de la facilité de les opposer les uns aux autres, voici ce qu’on constate : au point de départ même, les diverses catégories précédentes sont déjà en retard sur celles avec lesquelles nous les comparons. Les travailleurs de M. Roberts, de 10 à 16 ans, perdent encore 15 millimètres, mais de 16 à 21 ans, au moment de cette reprise de la puberté dont nous avons tant parlé et qui est décisive pour l’avenir, ils rattrapent 29 millimètres. Est-ce l’exercice auquel ils se livrent à ce moment qui compense leur régime général moins favorable? Chez les ambulants en particulier, la croissance se présente différemment ; ils gagnent sur la classe aisée de 10 à 16 et de 16 à 20 ans tout à la fois. L’exercice auquel assurément ils se livrent leur est donc avantageux immédiatement. Chez les jeunes ouvriers de M. Cowel, dans la période de 10 à 16 ans, au dedans comme au dehors des fabriques, la croissance paraît moindre que dans la classe aisée de Roberts, mais elle est bien moindre chez ceux qui travaillent au dedans; dans la période de 16 à 18 ans, la supériorité du travail hors des fabriques ne se dément pas.
Il resterait, pour compléter cet examen, à connaître le point d’arrivée de cette croissance, car un âge nous échappe, celui après vingt et un ans. Par malheur, dans la statistique d’ensemble de M. Roberts, les nombres diminuent après 21 à 22 ans. De 25 à 30 ans, il n’y a que 70 individus avec une moyenne de 1,755 pour la classe aisée et de 72 avec une moyenne de 1,7202 pour la classe des travailleurs. Mais, ce que nous voudrions savoir,