CHAPITRE XIV
et à la population répondant aux Dananéens dont nous allons parler.
La fraction principale de ces derniers portait le nom de Cambriens, d’autres s’appelaient les Logriens, les Bry thons; tous venaient des marécages qui furent plus tard la Frise et la Chersonnèse Cimbrique, et peut-être même de la Scandinavie. La population qu’ils rencontrèrent fut refoulée : les uns passèrent dans la verte Erin (Irlande), les autres se réfugièrent dans le pays de Galles, quelques-uns sans doute dans la Cornouaille, d’autres enfin en Écosse, où ils portèrent le nom de Gadhels ou de Gaels et dans les siècles suivants ceux de Scotts dans les montagnes à l’ouest, et de Pietés dans le pays relativement uni de l’est. Plus tard, les Cambriens et Logriens soutinrent le principal choc des armées romaines, reprirent le dessus après l’évacuation du territoire par celles-ci, mais furent presque aussitôt envahis par une nuée de Jutes, d’Àngles et de Saxons qui commencent l’histoire de l’Angleterre actuelle. Sous cette pression, les Cambriens allèrent renforcer leurs devanciers en Écosse, dans le pays de Galles et en Irlande, et les Bretons s’accumulèrent en Cornouaille, d’où ils passèrent en Armorique quatre siècles après J.-C., comme nous l’avons dit.
Tel est rapidement le résumé des événements qui se sont succédé sur le sol britannique. Il s’ensuit que les plus anciennes populations doivent se retrouver dans les contrées à l’ouest et au nord que nous avons dites et que si nous y trouvons les plus hautes tailles, ce sera la confirmation que ces races étaient en effet d’une stature exceptionnelle. Yoici d’abord le résumé des documents américains, pour la période de 24 à 40 ans et un peu au delà, les plus comparables aux documents qui suivront :
Statistiques américaines.
30,037 Anglais (Gould). .. . 1,701
7,313 Écossais . 1,713
83,108 Irlandais . 1,707
Les Ecossais seraient donc les plus grands, les Irlandais ensuite, ce qui est conforme à ce que nous pouvions supposer. Pour nous, ces individus appartiennent à toutes les classes de la société et expriment bien la taille des Iles-Britanniques. Cependant les statistiques du docteur Beddoe en diffèrent un peu, quoiqu’elles portent aussi sur la période non de 24, mais de 23 à 50 ans. Il ne semble pas qu’une année au-dessous exerce tant d’influence, d’après ce que nous avons montré.
La taille de l’Anglais, dit-il, est en moyenne de lm,690, soit de lm,676 à lm,702 suivant les moyennes générales de diverses provenances. Celle de l’Écossais est de lm,708. Celle de l’Irlandais, qu’il donne sous certaines réserves, est de lm,690 comme l’Anglais. Si l’on examine le tableau de la taille de M. Beddoe d’après les professions, on voit qu’en effet elles pivotent autour de sa moyenne. Il en résulte que l’Anglais d’Amérique est réel-
TAILLE