‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 432 sur 980 · TAILLE. — ILES BRITANNIQUES · texte numérisé non relu

TAILLE. — ILES BRITANNIQUES

refuge lorsque celles-ci sont forcées, possédant enfin la grande île à l’ouest et au nord surtout, des montagnes inexpugnables, elles réunissent toutes les conditions pour maintenir la pureté de leurs races.

Il est vrai qu’aussi loin qu’on remonte, ce sont toujours des peuples de haute taille que l’on voit s’y succéder à titre de conquérants, et que la petite race probable, celle des Celtes, se perd dans la nuit des temps préhistoriques. Nous disons des Celtes, bien que l’on entrevoie dans la protohistoire une autre race, tout à fait brune, de plus petite taille encore, dans les îles OEstryménides et la partie voisine de la grande île, où ils exploitaient les mines d’étain (Festus Aviénus).

Nous avons dit qu’en Angleterre, à la période des dolmens, la première où l’on sache quelque chose de l’homme de ce pays, la population était de petite ou de moyenne taille, mais dolichocéphale, et que, dans la période suivante ou des tumuli elle était grande, mais brachycéphale à la façon des Danois dit Rolleston. La première n’était-elle que la race des grottes de la Lozère dont la taille avait déjà été relevée par quelque influence qui se dessine mal encore? La seconde était-elle au contraire un produit tout nouveau, un croisement des Celtes brachycéphales avec les ancêtres des Kymris grands, semblable au type que l’on rencontre si abondamment aujourd’hui dans l’Allemagne du centre et sur lequel M. Kollmann et d’autres ont attiré l’attention?

De même que la chronologie anglaise semble en retard sur celle du centre de la France, de même celle de l’Irlande semble en retard sur celle de l’Angleterre. Ainsi qu’une marée montante, le flot des invasions a atteint l’Europe occidentale et continentale d’abord, puis l’Angleterre, puis l’Irlande. L’histoire de l’Irlande connue par les légendes serait donc celle de l’Angleterre à l’époque qui nous échappe entre la préhistoire et l’histoire. Les traditions de ce pays, donc, racontent qu’à l’origine l’île était occupée par des sauvages, chasseurs et pêcheurs, sans agriculture et sans troupeaux; qu’alors arrivèrent ceux qui introduisirent les monuments mégalithiques, ayant pour chef mythique Némedh, dont le nom gaélique rattache cette population aux blonds de haute taille que l’histoire nous fait connaître plus tard. La race de haute taille en compagnie ou non d’un autre se relierait à l’histoire des dolmens de la pierre polie comme nous le supposions tout à l’heure. Ce n’est que plus tard qu’apparaît le bronze à son premier âge avec les Firbolgs dans lesquels M. Henri Martin voit des Celtes dans le sens que nous donnons à ce mot, quoiqu’ils fussent soumis à l’ordre d’idées que représentait Nemedh. Ces Firbolgs durèrent peu en Irlande. De nouveaux venus, de même race que ceux qui les avaient précédés, apparurent avec des armes de bronze du deuxième âge et la religion druidique perfectionnée; ils étaient grands, blonds et avaient des yeux bleus. Nous reportant en Angleterre, les Firbolgs nous apparaissent comme étant les brachycéphales des tumuli, les intermédiaires dans le temps aux introducteurs des dolmens, dolichocéphales

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