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CHAPITRE XIV

La considération de la taille vient donc à l’appui de l’indice céphalique pour montrer que laSardaigne exprime au plushaut degré la race petite et dolichocéphale que l’on voit apparaître dans le Suddel’Italiepar opposition aveclaracepetite et brachycéphale qui se dessine dans le Piémont. Quant aux races de haute taille intervenues çà et là, nous avons indiqué les races historiques, il faut y ajouter les Étrusques dont 200 squelettes de la Cer-

tosa de Bologne ontdonné une taille de lm, 75. Les Etrusques, suivant les probabilités anthropologiques actuelles, auraient en effet été grands, blonds et dolichocéphales, tandis que les Ombres antérieurs à eux auraient été petits et brachycéphales ; mais ces derniers avaient-ils des cheveux châtains comme les Celtes ou noirs comme les Ligures? rien ne pousse dans une voie plutôt que dans l’autre.

Es pagne. — Les mêmes influences y sont en présence sauf quelques changements de noms.

Tout aboutit à lui donner pour fond primitif la race que nous entrevoyons dans l’Italie méridionale et en Sardaigne, et qui serait identique à l’une de celles qui ont le plus contribué à la constitution des races actuelles de l’Algérie ; mais aussi à y admettre une influence blonde et de haute taille plus ou moins importante due aux Tamahou dans les temps préhistoriques, aux Vandales depuis notre ère qui ne firent que passer et aux Visigoths qui y séjournèrent plusieurs siècles. D’autre part, il faut réserver celte influence ligure, impossible du reste à distinguer par la taille du fond primitif ibère ; les dénominations ligures de Silures, Sicules et Sicanes dérivent de l’Espagne. Quant à l’influence maure elle a peu d’intérêt. Les Maures étaient pour la plupart des Berbers entraînés par les Arabes et par conséquent des congénères des Ibères en tant que race et que taille. Les dynasties maures régnant sur l’Espagne étaient anthropologiquement plus légitimes que celles de Charles-Quint et de Philippe II.

C’est avec les tables d’exemption de taille qu’on se rend compte de celleci en Espagne. Le minimum réglementaire pour les conscrits y est de lm,56, de même qu’en Italie, de même que dans les listes de Boudin et Broca. Les trois pays sont donc comparables par elles. La moyenne des exemptions est de 77 en chiffres ronds en France, de 101 en Espagne et de 153 en Italie.

L’influence séculaire des hautes tailles a donc été plus forte en Espagne qu’en Italie, c’est-à-dire que le nombre de ceux possédant ce caractère qui se sont arrêtés en Espagne en passant de Gaule en Afrique par le détroit de Gibraltar est plus grand que le nombre de ceux qui, du Nord ou de l’Est, se sont portés sur l’Italie. Ce qu’il importe pour exercer une action durable anthropologique, c’est de séjourner ; les invasions des barbares passaient comme des ouragans sur Rome. Le séjour ne suffit pas, il faut une installation en nombre, une immixtion complète avec la population sédentaire locale. Cette proportion des exemptés espagnols pour défaut de taille, de 101 pour 1000, est intermédiaire entre les chiffres de Broca de

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