‹ Éléments d'anthropologie généraleChapitre 442 sur 980 · TAILLE. — ESPAGNE · texte numérisé non relu

TAILLE. — ESPAGNE

89.3 pour 1000 pour toute la zone celtique et de 111 pour 1000 dans les vingt départements du centre.

Nous attendons de nos collègues de ce pays une carte détaillée qui serait vraiment instructive ; la configuration de certaines parties de la péninsule ibérique, ses montagnes se prêtent merveilleusement à la conservation de types anciens.

En résumé, l’Europe, par ses diversités de taille, se prête à l’étude des grands courants de races qui n’ont cessé de s’y heurter. Partout les trois races qui s’opposent le mieux sous ce rapport : la grande, blonde et le plus souvent dolichocéphale, la moyenne ou un peu au-dessous, brachycéphale et châtain que César appelait celtique, et la petite, brune et dolichocéphale du Midi ou méditerranéenne, s’y rencontrent par petits groupes, par grandes nappes ou perdues, noyées les unes dans les autres. Mais, si l’on en domine les détails, voici en deux mots comment elles se présentent. A son état le plus pur, la grande race se rencontre en Islande, en Norvège et en Écosse. De l’Ecosse en descendant au sud, la taille s’abaisse incessamment. De la Norvège en se portant en Suède et en Danemark ou en contournant la Finlande pour descendre en Russie, elle s’abaisse incessamment aussi. Çà et là, elle s’élève par exemple, dans la concavité inférieure de la mer Baltique et suivant une ligne qui de cette concavité se porte obliquement au sud-est par la Westphalie et le Luxembourg vers les plaines de la Champagne et par un coude vers les collines de la Bourgogne; mais en règle générale elle continue à diminuer vers le sud. La plus forte ligne d’abaissement faisant suite à la taille amoindrie du second type finnois se porte obliquement au sud-est par la Pologne et l’ Autriche-Hongrie suivant trois directions ou prolongements secondaires, la première vers la Serbie, la seconde vers le Piémont, la troisième jusqu’à l’extrémité de l’Italie.

La mer du Nord et ses annexes, la Manche, la Baltique sont donc le foyer central, primaire ou secondaire des grandes races, comme la Méditerranée est le foyer central certainement primaire des petites races. Entre les deux a passé ou s’est maintenue la race moyenne que nous n’avons qualifié souvent de petite que par rapport à la grande. Dans les répartitions présentes, si variées, si entremêlées, les dénominations que les hasards de l’histoire donnent aux peuples, les distinctions de nationalités, les genres de dialectes disparaissent, on ne voit plus qu’un vaste ballottement d’éléments divers, un va-et-vient de courants gouvernés par la configuration des côtes, la présence d’un massif montagneux, d’un cours d’eau, d’une forêt; on ne perçoit plus que des mélanges, des remous et des amoncellements. C’est l’histoire des races, comme des peuples.

Nous ne pouvons terminer cet examen de la taille sans insister, à la suite de tous les anthropologistes et de Broca, en particulier dans ses deux discours à l’Académie française sur les races françaises, sur un fait qui cette année encore aété l’objet d’une discussion à la chambre desdéputés.

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