POIDS DE L’ENCÉPHALE. — HISTORIQUE
importante du musée fondé par lui et auquel nous avons donné son nom, se voient des centaines de pièces relatives aux circonvolutions, préparées de sa propre main. Aucun autre musée de l’Europe ne possède une collection aussi riche. Ses publications incessantes y ayant trait, notamment sa dernière, posthume, « sur le cerveau schématique », sa dernière œuvre interrompue par la mort, et enfin ses cours d’hiver à l’École d’anthropologie, en font foi. Il faut n’avoir jamais lu Broca avec soin, ou ne l’avoir jamais entendu pour écrire le contraire.
Le poids a un avantage sur les autres facteurs qui explique sa vogue légitime, c’est d’être d’une étude plus facile et de s’exprimer par des chiffres et des moyennes, qui permettent d’en retracer les rapports avec les diverses conditions biologiques et d’établir des courbes graphiques parlant aux yeux. Les autres facteurs sont d’ordre descriptif. Pour comprendre les circonvolutions et garder le souvenir de leur disposition, il faut avoir vu beaucoup par soi-même. Nous disons chaque jour d’un cerveau sous nos yeux, qu’il est riche ou pauvre en circonvolutions, que celles-ci sont petites, fines, très flexueuses ou bien grosses, simples, rectilignes ; on publie des dessins stéréographiques ou schématiques, donnant un aperçu du type leplus répandu etdes variations les plus ordinaires; au laboratoire, chaque observation est représentée dans les vitrines par un moulage en plâtre. Mais ce ne sont que des cas isolés ou des résultantes que chacun voit à sa façon; dessins, moulages et descriptions ne remplacent pas les statistiques dont la science est si riche pour le poids de l’encéphale.
Si l’étude des circonvolutions est de sa nature longue et difficile, et ne se prête pas dans l’état de choses à des aperçus d’ensemble, les recherches sur la structure profonde de l’organe et la qualité histologique de ses cellules et fibres dans les divers points de son étendue le sont davantage encore. De longtemps encore il sera impossible de procéder avec ces éléments comme avec le poids de l’encéphale.
Faute donc de pouvoir connaître tout ce que nous voudrions du cerveau, attachons-nous résolument à ce qui nous est accessible. Son poids est la question du jour; tout récemment encore, les débats à l’Académie de médecine y ont touché, elles ont montré qu’elle nous est peu familière en France ; résolvons-la s’il est possible. Notre but, du reste, est parfaitement net. Il s’agit de savoir ce que donne l’étude directe du volume de l’encéphale dans sa totalité et ses principales parties, avant de nous préoccuper de ce que donnera sa mensuration indirecte soit sur le crâne, soit sur le vivant. Ce chapitre est l’introduction naturelle à la craniométrie et à la céphalométrie à la fois; il traite de l’encéphalométrie.
Historique. — Les premiers noms appartenant à l’anthropologie, qu’on découvre sur la question du poids de l’encéphale, sont ceux de Camper qui pesa notamment deux encéphales de nègres, et de Sœmmering, quand il émit sa proposition sur le volume relatif des nerfs de la base et de l’encéphale total. L’attention ne se porta cependant sérieusement sur le