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CHAPITRE XV

parce qu’il loge le cerveau; si simple que soit celte vérité, il n’est pas inutile de la rappeler à nombre de craniologistes. »

Aujourd’hui, la craniométrie française n’est pas exclusive, ellenepoursuit pas qu’un but, elle s’inspire de toutes les idées à la fois dérivant de Daubenton, de Camper, de Blumenbach, de Morton, de Yan der Hœven et, plus récemment, de Darwin et de Hæckel. Mais elle se ressent le plus vivement encore de la doctrine de Gall sur les localisations cérébrales et sur la correspondance du contenant et du contenu du crâne. Le public ignorant confond même la craniologie avec la phrénologie et s’étonne que nous répudions celle-ci, le sourire sur les lèvres.

C’est contre cette domination d’une idée que nous devons réagir, en la réduisant avant tout à sa juste valeur; c’est de cette pression excessive que nous voulons nous libérer.

Le volume de l’encéphale n’est que l’un des facteurs organiques qui concourent à la production de l’intelligence. Il y a vingt-deux ans, une discussion demeurée célèbre eut lieu sur cette question à la Société d’anthropologie de Paris, au lendemain de sa fondation ; Broca et Gratiolet, l’un de l’école que l’on appelle matérialiste, l’autre relativement idéaliste, d’accord sur ce point fondamental, ne soutinrent d’opinions contraires que sur le degré d’importance à accorder à ce facteur. Le passage suivant de Broca montre ce qu’était sa pensée avant toute chose : « Personne n’a prétendu, soit ici, soit ailleurs, qu’il y eût un rapport absolu entre le développement de l’intelligence et le volume ou le poids de l’encéphale. Pour ce qui me concerne, j’ai protesté de toutes mes forces et à plusieurs reprises contre une pareille absurdité.... Il ne peut venir à la pensée d’un homme éclairé de mesurer l’intelligence en mesurant l’encéphale. » (2e discours, 21 mars 1861) (1).

Les autres facteurs sont les suivants : 1° le volume relatif des parties constituantes de la masse totale ; 2° le développement des circonvolutions extérieures; 3° la relation des parties profondes, établissant des rapports plus ou moins étendus entre telle ou telle partie ; 4° le nombre et la complexité, visible au microscope, des cellules nerveuses de la substance grise ; 5° enfin, les qualités inaccessibles jusqu’à ce jour aux investigations de la science, qu’on peut comparer à celles de deux corps en chimie organique, ayant la même composition apparente, et possédant cependant des propriétés différentes.

Le second de ces facteurs supplémentaires : le développement des circonvolutions, a été l’objet des études spéciales de Broca. Je puis même affirmer qu’il le faisait passer avant le poids (2). Dans une vitrine, la plus

(1) Le nombre et la perfection des facultés intellectuelles, dans la série des espèces et dans les individus de la même espèce, sont en proportion de l’étendue des surfaces cérébrales (Magendie et Desmoulins, 18G5).

(2) Voir discours sur le cerveau. Bull. soc. Anthr., 18G1, p. 144-145.

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