CHAPITRE XV
explique de deux façons : 1° par le principe qui veut qu’un sujet ayant des dimensions à la fois verticale, transversale et antéro-postérieure, c’est-àdire la masse de son corps de 1/10, 1/5 ou 1/4 plus forte, doit posséder pour régir ce corps un cerveau proportionnellement plus gros; 2° par la quantité, quelque légère qu’elle soit, de globules graisseux qui a pu se déposer dans l’épaisseur du cerveau et de ses membranes, en rapport lointain avec celle de toutes les parties du corps. Assurément il est dit dans les auteurs que la graisse ne se dépose pas dans le cerveau, mais on veut parler du tissu adipeux apparent, non des globules graisseux de l’intimité du tissu cérébral. Du reste, à en juger par la quantité de 71 grammes chez l’homme et de 108 grammes chez la femme, qui différencie le poids de l’encéphale des sujets ayant 30 à 40 kilos de ceux ayant 70 à 80 kilos, et que les dimensions réelles du corps expliquent directement, abstraction faite de l’obésité ou de l’engraissement, la part laissée à l’infiltration du cerveau par les globules graisseux serait légère.
Si du poids absolu nous nous reportons au poids relatif, tout éclaircissement de ce côté fait défaut. Dans le rapport indiqué il y a deux facteurs: l’un l’encéphale qui diffère de 71 à 112 grammes, dans les termes extrêmes pour les deux sexes ; l’autre le corps qui diffère de 35,000 grammes à 75,000 grammes; le second par rapport au premier étant comme 41 à 55,000. L’influence du premier facteur est donc nulle relativement, c’est le second, c’est-à-dire essentiellement l’obésité ou l’amaigrissement, qui gouverne le rapport exprimé.
influence de la taille. — La comparaison de l’encéphale avec le corps ne conduit donc à rien. Elle laisse voir que d’une façon absolue le cerveau est plus gros dans les gros corps et plus petit dans les petits corps, mais sans rien dire de la quantité relative. Broca, qui dès l’abord avait été frappé du peu à en tirer, a donc renoncé à s’enquérir du poids du corps et s’en est tenu à la taille qui ne donne qu’une des dimensions, c’est vrai, mais la principale, le facteur fixe tenant au squelette et gouvernant les autres dimensions, celles que respectent à la fois l’obésité et le marasme extrême.
Immédiatement une vérité s’en dégage, en effet, qu’il serait superflu de mettre en évidence si quelques auteurs, Bichat et Gruveilhier, n’avaient, on ne sait comment, soutenu le contraire dès l’origine, comme Sœmmering avait avancé que la croissance de l’encéphale est terminée dès 3 ans. C’est que, toutes choses égales, en général bien entendu, le volume du cerveau augmente avec la taille d’une façon absolue, dans les deux sexes. Parchappe le premier l’a prouvé ; Thurnam ensuite ; puis Bischoff qui a cherché à en formuler la loi mathématique; enfin nous-même avec les pesées de Broca. Voici les moyennes de Bischoff et de Broca :