CHAPITRE XV
donc avec une entière connaissance de cause qu’il a procédé au rejet de certains cas et à l’admission de certains autres. Ce sera donc le point de départ de notre examen. Ci-joints ses maximum et minimum à tout âge et leur écart.
Variations individuelles. — Registre de Broca. (Hommes.)
Périodes. Nombre decas. Minimum. Maximum. Ecart.
15 à 25 ans . 28 1202 1478 276
En laissant de côté la dernière série trop faible de nombres, les écarts varient de 276 à 720 grammes ; ce dernier répondant à la période de 55 à 65 ans, limite de l’âge mûr et de la sénilité où se rencontrent, sur la table à autopsie, les gros cerveaux à ce moment plus exposés à la mortalité et les cerveaux dont l’atrophie commence à s’accentuer. En s’en tenant à la période de 25 à 45 ans, la plus franche dans l’histoire de l’encéphale, l’écart serait de 582 grammes, c’est-à-dire de 41 pour 100 de la moyenne à cette époque. C’est donc le chiffre à accepter comme le plus habituel à l’âge mûr moyen de l’homme européen.
Après ce premier aperçu passons à la méthode de la sériation. Là, par malheur, les gros nombres sont de rigueur et, à notre regret, il faut nous décider, pour augmenter nos séries, à réunir aux statistiques de Broca celles, par exemple, de Bischoff. Voici ce qui en résulte pour cinq périodes.
Variations individuelles (Broca et Bischoff). — Hommes.
15 à 25 ans.
25 à 35 ans.
35 à 55 ans.
55 à 65 ans.
950 grammes . . .
POIDS DE L’ENCÉPHALE. — VARIATIONS INDIVIDUELLES
Médiane approximative.
Écart .
Nombre de cas .
C’est la confirmation du chiffre de l’écart habituel trouvé auparavant. Il est plus élevé, il est vrai, dans la période critique passant de l’âge mûr à l’âge sénile; il est moindre dans la période précédant l’âge adulte confirmé. Mais de 25 à 35 ans comme de 35 à 55, il est de 625 grammes environ.
Ce tableau est, en quelque sorte, l’image de la vie cérébrale individuelle de 15 à 91 ans. Dans la première étape tous les encéphales croissent dans les mêmes conditions, obéissant à une même tendance, l’écart est faible autour delà médiane (I) de 1,370 grammes et assez symétrique, aucun n’est remarquablement en retard, quelques-uns en petit nombre sont en avance, comme si à ce moment il y avait plus d’entraînement à l’accélération de croissance qu’à un ralentissement. Dans la deuxième, de 25 à 35, la sériation est assez symétrique autour d’un point exactement placé à 1,350 ou 1,351. C’est la phase où toutes les influences contraires se balancent. Dans la suivante la médiane est déjà abaissée, les gros cerveaux diminuent un peu et les petits augmentent ; ce qui veut dire qu’on ne peut la considérer rigoureusement comme une période de statu quo. Cependant la différence est faible avec la précédente. La quatrième période est la période critique; on y voit en bas les gros cerveaux faisant exception, en haut les petits encore exceptionnels à ce niveau, les premiers représentant le passé et les derniers l’avenir, la sénilité. Dans la dernière période, la médiane abaissée dans la précédente descend plus bas encore, le centre du corps fusiforme auquel on peut comparer toute sériation, c’est-à-dire la médiane, est à 100 grammes au-dessous de ce qu’elle était dans la période brillante de 16 à 25 ; il n’y a plus un seul cerveau au-dessus de 1,500 grammes.
L’un des faits à noter dans ces sériations est la ressemblance entre les périodes de 25 à 35 ans et de 35 à 55 ans. Il s’en suit qu’on peut les réunir sans inconvénient lorsque les nombres de cas sont trop faibles pour être utilisés séparément. De 25 à 55 serait ainsi la période générale adulte typique dont on cite les moyennes de préférence et tient le plus compte pour résoudre les questions générales, la période qu’on recommande aux médecins qui exercent dans les pays exotiques et y sont à la tête d’hôpitaux ou d’infirmeries.
Suit à la page 538 la courbe des variations individuelles des 519 cas précédents, compris dans cette période de 25 à 55 ans.
^ Cependant un usage non raisonnéa fait adopterlapériode de 20 à 60 ans. J’accorderais volontiers l’addition de la période de 20 à 25 ans ; laper-
(1) Je n ai pas besoin de faire remarquer qu’il n’est question que d’une médiane approximative; pour avoir la vraie médiane il faudrait opérer sur une ordination complète des cas un à un en tenant compte du quatrième chiffre, travail de patience superflii.