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CHAPITRE XV

D’autres, associant l’idée de force musculaire à celle de force animale ou végétative, ont songé au cœur; tel est Parrot dont les résultats ne sont pas publiés. La pensée est excellente, mais elle ne convient qu’avant l’âge adulte ou tout au moins avant 40 ans, aux sujets n’ayant pas d’affection cardiaque ; c’est en effet aux enfants qu’il l’appliquait. Au delà le cœur s’hypertrophie, s’infiltre de graisse et varie trop.

D’autres, à défaut des muscles, ont pris les leviers sur lesquels ils s’insèrent et qui d’après les lois de la physiologie doivent avoir un développement proportionnel. Tel est M. Manouvrier qui pèse le fémur, la mâchoire inférieure et quelques autres os. Mais les causes d’erreur sont trop nombreuses : les os frais ont le même inconvénient que le corps, ils retiennent plus ou moins de graisse ; les os propres diffèrent suivant leur mode de préparation, l’emploi si fréquent du chlore les ronge et les allège. Quant aux os extraits des cimetières et des grottes préhistoriques il n’y a pas à y songer, leur matière organique est plus ou moins détruite, la pesée est illusoire.

Dans l’état de la science, la taille, en somme, reste le meilleur terme de comparaison pour faire la part delà différence qui de droitexiste dans le poids du cerveau, entre la race boschimane et la race norvégienne, par exemple, entre l’homme et la femme, entre le géant et le nain (1).

Différences individuelles. — Cette question, si délicate pour tous les caractères anthropologiques, l’est plus encore pour le poids de l’encéphale dans lequel, comme on le verra, l’individualité a la part dominante. Rappelons que nous nous en tenons dans notre examen à l’homme, aux races européennes et aux individus sains d’esprit. Comme précédemment pour l’indice céphalique et la taille, c’est par les extrêmes de variations individuelles, l’intervalle entre eux, la médiane et la sériation, que nous procéderons.

Voici quelques aperçus sur le sujet, tels que les auteurs en fournissent: les uns réunissant les adultes et les vieillards, sans paraître se douter de la différence énorme qu’il y a entre eux, les autres se circonscrivant dans des limites d’âge qu’ils ne prennent pas la peine d’indiquer; les uns n’acceptant que leurs faits personnels, les autres leur associant ceux d’autres opérateurs sans se demander s’ils ont opéré rigoureusement de même.

Il y a, dans cette façon de présenter les choses, bien des causes de dissidence, sans parler de celles que nous avons déjà dites. Tandis que Gall et Cruveilhier, par exemple, se contentent d’une assertion générale sans donner de détails ; et que Sharpey, Wagner, et Broca dans sa liste épurée de ce dernier, admettent tous les maximum à leur connaissance et omettent toute la catégorie, idiots ou non, brutalement appelée microcéphales, d’autres comme Bischoff dans de certaines limites et Broca avec sévérité écartent tous les cas où le cerveau est malade ou suspect

(1) Le tronc vaudrait mieux peut-être, mais il est moins facile à mesurer.

POIDS DE L’ENCEPHALE. — VARIATIONS INDIVIDUELLES

Variations extrêmes chez l’homme.

Maximum.

Minimum.

Écart.

Gall .

Cruveilhier ....

Sappey. 15 cas

ans) . . .

Parchappe. 154

Reid. 154 (‘20 à 70) .

Peacock. 105 (20 à 80) . .

Sharpey. 278 (20 à 90) ..

Wagner. 900

Broca. 183 (liste épurée

de Wagner)

De 20

ans.

Boyd. 425 cas. .

Calori. 228....

Bischoff. 460...

Broca. 167 .

De 60

ans.

Boyd. 255 cas. .

Calori. 77 .

Bischoff. 69. . . .

Broca. 110 .

d’anomalie décidée. Dans un examen de ce genre, bien que la quantité soit nécessaire, la qualité est de rigueur aussi. La délimitation exacte de l’âge donne déjà une plus grande valeur aux deux derniers groupes de ce tableau. Mais, là encore, il y a des inégalités de valeur. Si les chiffres de Boyd l’emportent par le nombre, ils sont en état d’infériorité en ce que les cas les plus divers y sont englobés ; tous proviennent d’un hôpital ordinaire sans spécialité, mais dans lequel on reçoit toutes les maladies; dans les tables de Boyd d’autre part, il n’y a aucun détail, aucun chiffre individuel, qui permette de se fixer sur un cas particulier étrange. Dans les statistiques de Bischoff, il y a mélange aussi de cas très divers : des suicidés, des aliénés, des maladies du cerveau; cependant l’auteur n’y admet pas certains cas absolument extraordinaires dont il parle dans le cours de son livre; du reste la liste entière de ces cas individuels est ajoutée avec la cause de la mort.

Les statistiques de Broca seraient la perfection si le nombre n’en était pas restreint, précisément à cause de la sévérité avec laquelle il écartait tout ce qu’il pouvait suspecter d’anormal ou de maladie propre du cerveau. Elles ont été recueillies dans deux sortes d’hôpitaux. Parfois, lorsque nous tiendrons à serrer le sujet de près, nous écarterons les sujets de Bicêtre pour les hommes et de la Salpétrière pour les femmes. Les séries seront plus faibles, mais d’une homogénéité plus grande. Toutes ces pesées de Broca, transcrites sous sa direction sur le registre que nous possédons, proviennent de sujets qu’il a connus vivants et soignés. C est

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