CHAPITRE XYI
retrouve pas de second à lui opposer plus tard. Doit-on en tirer cette conséquence que le cerveau féminin doit être traité avec des précautions toutes particulières et qu’il ne résisterait pas par conséquent à une éducation dépassant ses forces cérébrales?
Quoi qu’il en soit, dans les courbes ci-après, une diminution de poids succède à ce maximum, plus grande dans la courbe à trait plein de Broca- Bischoff. Puis le poids se relève après la ménopause et enfin reprend sa course descendante et ininterrompue comme chez l’homme.
CramT
Fig. 62. — Courbe du poids du cerveau chez la femme, de 15-20 ans à 90 ans. Trait plein :
Broca-Bisclioff, 481 cas; ligne ponctuée, 760 cas, Boyd.
S’il faut en juger par ces deux courbes portant, celle à trait plein sur 481 cas, et celle à trait ponctué sur 760 cas, la femme serait dans des conditions défavorables par comparaison avec l’homme dès le jour où, dans notre état social, elle entre franchement dans le cercle d’occupations que lui attribue la physiologie. Le cerveau non seulement atteignait chez l’homme son maximum de 30 à 35 ans, mais il se maintenait sans décliner notablement jusqu’à 40 à 50 ans. Chez la femme il diminue de suite. Nous renvoyons pour les chiffres particuliers des tableaux de Boyd, Broca et Bischoff, aux pages 518 et 522.
Poursuivons la comparaison : quelle est, en définitive, la différence générale moyenne, apparente et réelle, entre l’homme et la femme?
Le tableau suivant résume une première série de renseignements sur le sujet :
POIDS DE L’ENCÉPHALE CHEZ L4 FEMME
Différences absolues ,
brûles cle 20
ans.
Différence
Nombre. Femmes.
avec l’homme
Broca. Liste épurée de Wagner.
— 126 gr.
Welcker. —
Peacock. Écossais .
Boyd. Anglais .
Thurnam. (Divers) .
Broca. Registres .
Bischoff .
Broca-Bischoff-Boyd .
De 60 ,
à 90 ans.
Broca. Liste épurée de Wagner.
Welcker. —
Boyd. Anglais .
Thurnatn. (Divers) .
Broca. Registres . . .
Bischoff . .
La femme a donc moins d’encéphale que l’homme. C’est là un fait incontestable contre lequel, du reste, aucun homme de science n’a essayé de lutter. La différence à son détriment varie dans les diverses séries cidessus de 126 à 164 grammes à l’âge de 20 à 60 ans, et de 123 à 158 grammes à l’âge de 60 à 90 ans.
Mais si l’on se bornait à cette donnée brute, l’illusion serait grande. La femme n’a ni le volume ni la taille de l’homme et ne peut avoir la même quantité de cerveau. La question doit donc être traitée tout autrement. C’est le poids de l’encéphale proportionnel, soit au poids entier du corps, soit à sa dimension principale, la taille, qu’il faut considérer.
Le tableau de Boyd de la page 530 montre que, relativement au poids du corps, il n’y a pas de différence marquée de la naissance à l’âge de 30 ans entre les deux sexes. Tantôt l’un, tantôt l’autre l’emporte sans qu’on puisse saisir de loi. De 40 à 90, le rapport devient moindre chez la femme. Dans une première période de 20 à 60, tandis que chez l’homme l’encéphale forme la trente-troisième partie du corps, chez la femme, il en est la trente-deuxième; dans une seconde, de 60 à 90 l’encéphale est la trente-sixième partie du corps chez l’homme, et chez la femme la trente et unième et demie. C’est peu dans le premier cas ; pourquoi est-ce plus dans le second ? Est-ce parce que la femme gagne en embonpoint ou que l’encéphale perd davantage? Les facteurs en présence sont si disproportionnés qu’il n’y a pas de réponse à donner.
Dans le tableau de Bischoff de la page 631 portant en entier sur les phases de l’existence au-dessus de 15 ans, la femme a aussi un poids relatif moindre, mais la différence est bien minime; une fois il est plus élevé.
Mais, ainsi qu’il a été dit, la comparaison au poids du corps est mauvaise ; c’est avec la taille qu’il faut comparer l’encéphale, bien que les deux