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CHAPITRE XVI

exceptionnels, est-il bien nécessaire de faire ce sacrifice à d’autres considérations non moins valables? Je ne le pense pas et je considère définitivement comme variations anormales toutes celles au-dessous de 1,000, en commençant par 999.

Nomenclature chez l’homme. Conclusion. — Deux essais seulement de nomenclature ont été tentés auparavant : par Sharpey et par Thurnam. Voici la première, en mesures anglaise et française.

Nomenclature de Sharpey. (Hommes.)

De 1842 à 1530 ou 65 oz. à 54 oz.

— 1502 à 1304 ou 53 à 46

— 1275 à 963 ou 45 à 34

La médiane à 1,400 est trop élevée; elle a pu convenir aux pesées particulières de Peacock, qui avaient lieu à Édimbourg, sur la race de haute taille des Écossais qui, conformément à la règle, doivent avoir d’une façon absolue plus de cerveau, mais elle ne conviendrait ni aux pesées de Boyd ni à celles de Bischoff et de Broca. Son groupe moyen est donc trop élevé. D’autre part, on ne saurait confondre sous la même dénomination le poids de 1,275, au-dessous duquel on rencontre des cerveaux de valeur tels que ceux du physiologiste Harless et de l’homme d’Etat Gambetta, avec celui de 963 qui, n’est coudoyé, en règle générale, que par des microcéphales plus ou moins atténués d’intelligence.

Le second essai est ainsi exposé par Thurnam avec ses dénominations :

Nomenclature de Thurnam. (Hommes.)

Mégalocéplialie extrême — modérée

Encéphales moyens .

Microcéphalie modérée. .

— , extrême . .

1560 et au-dessus.

1560 à 1490 1490 à 1130 1130 à 1062 1062 et au-dessous.

La médiane ou l’axe de la nomenclature est à 1,310, c’est-à-dire infiniment trop bas. On s’en étonne, car elle est en contradiction avec les tableaux que Thurnam reproduit dans le cours de son mémoire, sauf le sien, dont la moyenne de 20 à 60 ans, portant sur 168 hommes plus ou moins aliénés, est de 1,312; ses autres tableaux empruntés à Boyd, Peacock, Wagner, etc., ont des moyennes bien plus élevées. J’objecterai également la limite inférieure de ses mégalocéphales extrêmes, qui est trop basse; elle oblige à une autre division au-dessus pour distinguer les cerveaux normalement très gros des cerveaux véritablement extraordinaires. Il ne faut pas oublier que les poids sur lesquels nous opérons habituellement concernent la classe des hôpitaux et qu’il faut laisser de

POIDS DE L’ENCÉPHALE

NOMENCLATURE

la place pour les cerveaux plus volumineux en moyenne certainement des classes favorisées.

La nomenclature à laquelle je conclus pour ma part, part de la médiane de 1,350 qui est un peu trop haute, si l’on considère l’ensemble des poids de l’encéphale de 20 à 80 ans, et un peu trop bas si l’on considère la moyenne de 20 à 60 ans. De chaque côté de cet axe, les divisions s’écartent d’abord de 100 grammes, puis de 250, et enfin sont d’une contenance illimitée.

La division centrale, comprenant 200 grammes, répond aux cerveaux ordinaires. Au-dessus de 1,450 sont les cerveaux gros sans être étranges; au-dessus de 1,700 sont les cerveaux anormalement gros au point de mériter l’épithète de macrocéphales. Au-dsssous de 1,250 sont les cerveaux raisonnablement petits; au-dessous de 1,000 sont les cerveaux anormalement petits ou microcéphales. Toute nomenclature est plus ou moins arbitraire ; celle-ci me paraît le plus logique et conforme aux besoins de la pratique et du langage.

Nomenclature définitive. (Hommes.)

Encéphales macrocéphales . 2012 à 1700

— gros . 1700 à 1450

— moyens ou ordinaires . 1450 à 1250

— petits . 1250 à 1000

— microcéphales . 1000 à 300

L’étendue des variations individuelles du poids de l’encéphale chez l’homme adulte européen est donc de 1,712 grammes dans ses limites extrêmes observées, et de 700 grammes, ou en nombres ronds 50 p. 100 du poids moyen, dans les conditions normales.

Différences chez la femme. — Nous avons laissé l’encéphale de la femme à sa période adulte, sans conclure sur l’époque probable où il atteint son maximum de développement. Avec les chiffres de Broca, nous avions trouvé que ce maximum était atteint chez elle aussi vite que chez l’homme vers 20 ans. Mais, par l’analyse de cette période chez l’homme, nous avons vu qu’il fallait se défier de cette première ascension, qui s’exp liquepar le tributque payentàla mortalité, à cet âge, les enfants dontle cerveau a poussé trop vite. Mais chez l’homme, ce premier maximum ne s’était pas retrouvé dans les autres statistiques et était en quelque sorte spécial à la série de Boyd ; tout au moins y était-il reculé. Ici, chez la femme, il est confirmé par les chiffres de Broca et Bischoff réunis, en sorte qu’il faut en tirer cette conclusion, que la femme souffre plus que l’homme d’un accroissement excessif et rapide du cerveau avant vingt ans. Ce maximum précoce est même si élevé dans la courbe générale, qu’on n’en

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