CHAPITRE XVI
barrassé avec les nombres insuffisants des pesées de Virchow, Welcker, Wagner et Parchappe, que je n’ai pas reproduits et sur lesquels s’appuyaient les anthropologistes qui, précédemment, ont prétendu résoudre le problème.
Le chiffre même de M. Galori, de 1,308, m’inspire des craintes. La taille des Italiens les prédispose à une semblable moyenne; mais je ne peux m’empêcher de remarquer que, si M. Galori a suivi les procédés de Broca et Bischoff dans ses pesées personnelles, il s’est adressé à un grand nombre d’opérateurs différents pour obtenir ses nombres. Dès lors, est-il sur que tous se sont comportés de même ?
J’ai reproduit à la fin de la liste, en les empruntant au mémoire de M. Nicolucci, deux moyennes de M. Weisbach, qui sont un exemple frappant des précautions dont il faut s’entourer dans ces questions (1). M. Nicolucci, réunissant les pesées de M. Weisbach à celles de MM. Blasfeld et Dieberg, en conclut que les Slaves se placent entre les Écossais et les Français, par le poids de leur encéphale. Mais il oublie que M. Weisbach, pour ce qui le concerne, a un procédé qui lui est spécial; qu’il ne
compte pas la moelle allongée avec l’encéphale . la moelle allongée, ce
qui amoindrit ses chiffres de 14 à 25 grammes, suivant qu’on adopte l’estimation de Davis ou les pesées de Broca; et qu’il pèse sans les membranes, ce qui affaiblit encore les pesées de 25 ou 30 grammes. Ainsi s’explique cette moyenne invraisemblable, chez l’homme adulte européen, de 1,272 grammes. M. Nicolucci commet à côté une autre faute, c’est de donner place dans le même tableau aux moyennes de Thurnam, qui concernent des aliénés.
D’où je conclus qu’il n’est pas aussi facile qu’on le croit de tirer des déductions de moyennes rassemblées çà et là et de dire, dans l’état actuel de la science, si telles ou telles races européennes ont plus ou moins d’encéphale les unes par rapport aux autres. Les différences, je le pense volontiers, sont faibles et pourraient bien tenir exclusivement à la taille propre de chaque race, étant donné bien entendu que les comparaisons soient faites dans des conditions rigoureusement semblables.
Ce qui domine, aujourd’hui, dans les recherches à continuer sur le poids de l’encéphale, c’est le besoin d’une entente sur la méthode à suivre. L’unité que nous sollicitons en faveur des principales mesures craniométriques, nous l’appelons de même pour les pesées cérébrales. Jusquelà et tant qu’on ne se sera pas rendu compte que les études anthropométriques sur le cerveau comme sur le crâne sont plus délicates, plus difficiles qu’on ne se l’imagine, nos connaissances progresseront lentement.
(1) M. Weisbach dresse une liste des peuples de l’Autriche orientale d’après le poids de l’encéphale. Les Slaves tiennent la tête et parmi eux les Tchèques en particulier, suivis par les Polonais et les Ruthènes. Les plus favorisés après les Slaves sont les Roumains, puis les Magyars. Les Allemands ont un mauvais rang, quoiqu’il les range parmi les races A encéphale moyen. Les Italiens sont les derniers.
POIDS DE L’ENCÉPHALE DANS LES RACES. 571
Il est superflu, après ces réflexions, d’ajouter que nous serons réservés à plus forte raison sur les autres races. Voici les documents que l’on possède sur les races jaunes:
Poids de l’encéphale . — Races jaunes (Hommes).
Moyenne.
Extrêmes.