CHAPITRE XVI
n’y a pas une contradiction, le côté gauche est plus lourd, et que contre 94 cas de prédominance à droite il y en a 136 de prédominance à gauche. Ce qu’avait vu [et dit Broca dès 1875 était donc très exact. « Dans les deux séries, l’une deBicêtre composée de 19 sujets, l’autre de Saint-Antoine, de 18 sujets, l’hémisphère droit dans son ensemble pèse un peu plus que le gauche, et cependant le lobe frontal gauche l’emporte sur le droit d’une quantité très notable. » Je suis heureux de confirmer avec ses propres relevés ce premier aperçu de mon maître.
La différence est moins prononcée chez la femme, mais elle existe de même dans la moyenne (-f- 1.50 à gauche). La question de supériorité est ici hors de cause. Cependant comme la prédominance cérébrale d’un côté est consécutive à un excès de fonctionnement, on pourrait dire que la femme l’a moindre parce qu’elle exerce moins ses facultés cérébrales, aussi bien celles qui siègent dans le lobe frontal gauche que celles qui occupent le lobe postérieur droit. En somme il y a une sorte de compensation dans le cerveau : pour certaines opérations on serait gaucher, pour d’autres droitier, c’est la division du travail.
MensuratioBis de Fencépiiale. — La pesée n’est pas le seul moyen auquel on puisse s’adresser pour l’étude des variations de volume de l’encéphale et de ses parties constituantes. Le cubage de la cavité crânienne dans sa totalité, et desesloges frontales, pariétales, occipitales, a aussi été employé, mais il comprend l’encéphale avec sa sérosité, ses membranes, notamment sa dure-mère autrement épaisse que la pie-mère et l’arachnoïde, et ses vaisseaux et sinus veineux. Il relève de la craniométrie. Un autre moyen est celui de la mensuration directe de l’encéphale lui-même qui, sans présenter aucun avantage suqla pesée sauf pour une application limitée, exige un travail considérable.
L’encéphale extrait de la cavité osseuse qui le contient n’a pas de soutien; il s’affaisse, se déforme, s’étale sur la table et défie toute mensuration précise, quelque attention qu’on apporte à le soutenir avec des linges, de la ouate ou de petites calottes en osier. Il ne peut être mesuré qu’en place dans sa boîte osseuse, et les anthropologistes qui veulent comparer les dimensions réelles de l’encéphale avec celles de la surface externe du crâne ont plus d’avantage à s’adresser à la cavité même de celui-ci ; ainsi ils peuvent prendre le diamètre longitudinal maximum ou transverse maximum avec l’endomètre de Broca et à la rigueur les circonférences internes de l’ovoïde crânien, suivant son grand axe avec la roulette millimétrique de Broca, sur des coupes. C’est encore de la craniométrie.
On conçoit dès lors que la mensuration des divisions de l’encéphale, ou de la distance deleurs lignes de démarcation à l’une de ses extrémités, soit à plus forte raison une opération délicate qui n’a conquis son droit de cité dans la science qu’avec Broca en 1861, lorsqu’il appela l’attention de ses élèves dans cette direction. Non seulement il faut mesurer le cerveau en