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CHAPITRE XVII

la capacité du crâne, et qui ne concerne que les cubages de Broca. Sous le nom de médiane, on se rappelle que j’entends l’endroit au-dessus et audessous duquel il y a le même nombre de cas.

HOMMES. FEMMES

Pierre

polie.

Eu¬

rope.

Jaunes.

Nègres

d’Afr.

Noirs

d’Océan.

Pierre

polie.

Eu¬

rope.

Jaunes .

Nègres

d’Afr.

Noirs

d’Oc.

Plus de 1900 .

Médiane approximative.

Nombre de crânes .

A partir du centre des variations ou de la médiane de 1560 pour les hommes, et de 1375 chez les femmes, chez les Européens, les variations extrêmes s’écartent chez l’homme de 334 centimètres (je donne le nombre exact) par en haut, et de 268 par en bas, soit de 66 centimètres cubes de plus par en haut; et chez la femme de 332 par en haut, et de 275 par en bas, soit de 57 centimètres cubes déplus par en haut. Donc les deux sexes sont sur le même pied d’égalité. L’écart total des variations est de 602 chez l’homme, et de 602 chez la femme : égalité encore, comme nous l’avons entrevu tout à l’heure.

Dans les races jaunes, la médiane tombant chez l’homme entre 1550 et 1500, et chez la femme entre 1400 et 1350, les cas se disséminent par en haut sur six groupes et par en bas sur quatre, chez l’homme ; sur six groupes aussi en haut et trois en bas, chez la femme. Ni l’un ni l’autre n’est donc favorisé, mais vis-à-vis des Européens les deux sont en état d’infériorité; les variations sont de trois étapes moins étendues chez l’homme, comme chez la femme.

Chez les nègres d’Afrique, les médianes de 1405 et de .1250 étant considérées comme centres, les variations s’élèvent de 230 centimètres cubes et s’abaissent de 122 centimètres cubes chez l’homme, tandis que chez la

femme elles ne s’élèvent que *de 182 et s’abaissent de 182. La femme, cette fois, est en défaveur. Les deux d’autre part ont moins de variations que chez l’Européen.

Chez les noirs d’Océanie enfin, chez l’homme il y a trois étapes seulement au-dessus de la médiane, et cinq au-dessous, et chez la femme six au-dessus et quatre au-dessous. Les variations seraient donc moindres, dans les deux sexes, chez les nègres d’Océanie que chez les Européens, mais relativement plus grandes chez la femme.

11 y a une restriction à apporter à ces aperçus, c’est que les nombres de cas dont se composent les séries sont démesurément plus faibles dans les races jaunes et noires et peuvent être l’unique cause des différences constatées entre les races. Quant à la différence entre les sexes, elle aboutit décidément à ceci, dans ces sériations : elle est nulle chez l’Européen, nulle dans les races jaunes, au désavantage de la femme chez les nègres d’Afrique et à son avantage dans les nègres d’Océanie.

Tout cela prouve combien il faut être réservé avant de tirer des conclusions à effet ou de suppléer aux faits dûment analysés par des conceptions philosophiques, comme ne le font que trop souvent les novices en anthropologie.

Après nous en être tenu aux documents de la main même de notre honoré maître, il nous sera permis de recourir à des cubages personnels, ou du moins pratiqués, sous nos yeux et notre direction, par M. Flandinette, employé du laboratoire, dont Broca appréciait tout particulièrement les talents de cubage. Depuis que Broca a terminé ses dernières opérations sur la capacité crânienne, un très grand nombre de crânes nouveaux sont entrés au laboratoire de la Société. Ce qui n’était pas possible alors, même en faisant l’appoint avec quelques pièces empruntées au Muséum, l’est aujourd’hui. J’ai pu constituer ainsi quatre séries homogènes, de quatre races très opposées, du sexe masculin, et de même nombre chaque, soit de 100 crânes. Elles permettent de trancher les questions restées en litige dans les pages précédentes.

La première série est formée de Parisiens du siècle dernier et au delà provenant des catacombes (la provenance exacte nous en est connue). La seconde est formée d’Auvergnats d’une même localité dans les montagnes du mont Dore. La troisième se compose de nègres d’Afrique dont sont exclus les Hottentots et Boshimans. La quatrième se compose de Néo- Calédoniens et de Néo-Hébridiens, deux populations semblables et anthropologiquement voisines de la race des Fidjiens des montagnes de 1 intérieur, qui nous paraît, avec les Néo-Calédoniens de l’île des Pins, fournir le type le plus pur de la race mélanésienne principale la plus favorisée.

Ci-joint le résumé de ces quatre séries dans toute leur brutalité, comme le hasard qui a produit le rassemblement de chacune de ces centaines le donne :

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