DÉVELOPPEMENT DU CRANE
part des autres vertébrés, le tube nerveux initial, formé par le rapprochement des deux bords de la gouttière primitive, est droit et cylindrique. Mais de bonne heure son extrémité se dilate en trois renflements successifs auxquels on donne le nom de vésicules encéphaliques primaires : une antérieure, une moyenne, la troisième postérieure. De bonne heure aussi deux renflements secondaires se dessinent entre elles. D’où cinq renflements ou vésicules qui correspondent ou correspondront plus tard aux parties ci-après : 1° les hémisphères cérébraux; 2° les couches optiques; 3° les tubercules quadrijumeaux adossés aux pédoncules cérébraux; 4° le cervelet; 5° la moelle allongée. Ces parties se développent aux dépens surtout de leur face supérieure ou dorsale, tandis que leur face
Fig. G7.
Ct
Fig. 69.
Fig. 67. — Vésicules cérébrales d’un embryon de poulet de deux jours.— 1, 2, 3, vésicules antérieure, moyenne et postérieure ; 4, vésicules oculaires.
Fig. 68. — Vésicules cérébrales d’un embryon de mouton. — d, antérieures ou des hémisphères ; a, intermédiaires ou des couches optiques ; 6, moyennes ou des tubercules quadrijumeaux; c, postérieures ou cérébelleuse et bulbaire.
Fig. 69. — Vésicules cérébrales développées d’un embryon de mouton. — f> vésicule antérieure ou de l’hémisphère; a, vésicule intermédiaire; b, vésicule moyenne; c, vésicules postérieures.
inférieure ou ventrale résiste (Dussy). Il en résulte bientôt une série d’inflexions qui portent les vésicules les plus élevées ou cérébrales proprement dites en avant et en bas et les suivantes plus ou moins dans le même sens, ce qui donne lieu, en avant du trou occipital, à une courbe à concavité antérieure et inférieure persistant toute la vie.
Parallèlement apparaissent, sans qu’on puisse dire laquelle précède l’autre, la notocorde, ou axe primitif des corps vertébraux dont la terminaison supérieure en massue se produit au niveau de la selle turcique, au-dessous de la vésicule cérébrale primitive moyenne; et l’enveloppe membraneuse, commune à tous les renflements encéphaliques à leur surface dorsale. Le
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crâne dit primordial à cette époque, entre alors dans une seconde phase; tandis que sa face dorsale reste membraneuse, sa face ventrale devient cartilagineuse. Ce cartilage d’une seule pièce comprend tout l’os occipital futur moins sa portion écailleuse sus-iniaque, l’os sphénoïde futur moins l’aile interne des apophyses ptérygoïdes, les deux temporaux moinsrécaille et le cercle tympanique, et l’ethmoïde. Le reste, c’est-à-dire les deux pariétaux, la partie sus-iniaque de l’écaille de l’occipital, l’écaille du temporal et l’écaille du frontal, conserve son état membraneux; cette membrane est en réalité un composé de trois couches de cellules embryonnaires : une externe qui donnera naissance au péricrâne, une moyenne où se déposera le tissu osseux et une profonde qui sera le périoste interne et s’unira à la dure-mère. Cette distinction établit la séparation du crâne prochain en ses deux parties : la base et la voûte.
L’ossification commence par points isolés ou centres d’ossifications, partagés en principaux et complémentaires. L’époque et l’ordre de leur apparition ne sont pas donnés de même par tous les auteurs, ce qui signifie qu’ils présentent des variations assez grandes suivant les individus. Les premiers points se montrent d’après Gruveilhier et Sappey vers six semaines, d’après Ch. Robin au deuxième mois, d’après Kôlliker au commencement du troisième. Passons rapidement en revue ces points dans ceux des os qui nous intéressent.
V occipital, formé comme on vient de le voir, a cinq points d’ossification suivant M. Sappey : trois médians et deux latéraux. Le premier en date serait le point cérébelleux appartenant à la partie cartilagineuse de l’écaille; il paraîtrait vers le 50e jour. Le second serait le sus-occipital appartenant à la partie membraneuse. Les suivants, presque aussitôt, sont le basilaire pour l’apophyse de ce nom et le tiers antérieur des condyles de l’occipital , et le condylien double pour ceux-ci. Sous le nom de point de Kerckring on en a signalé un sixième répondant au bord postérieur du trou occipital sur la ligne médiane. MM. Rambaud et Renaud admettent une variante importante dans le point basilaire; pour eux, il y en a deux placés l’un au devant de l’autre, ce qui a de l’importance au point de vue de la théorie vertébrale du crâne dont il sera question plus tard. Une autre variante est celle de J. Hartmann qui fait naître l’écaille occipitale par huit points, mais sans fournir de preuves à l’appui, dit M. Kôlliker, qui pour sa part en admet quatre, ou deux paires.
Le sphénoïde , l’un des os les plus complexes du crâne au point de vue de sa configuration chezl’homme, de son mode de constitution d’après l’anatomie comparée et de sa décomposition en deux os au moins : un sphénoïde antérieur et un sphénoïde postérieur soudés ensemble dès la naissance, présente 7 points d’ossification doubles et symétriques, savoir : un sur le côté de la fosse pituitaire et un sur la gouttière de l’artère carotide pour le corps du sphénoïde postérieur; un pour la grande aile du sphénoïde et l’aile externe de l’apophyse ptérygoïde, un pour l’aile