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CHAPITRE XVIII

parties faciales elle n’exerce une influence prédominante sur celles-ci.

Le crâne désigne en somme le squelette de la tête dans son entier, mais les anatomistes emploient ce mot pour indiquer plus particulièrement la boîte qui contient le cerveau et surmonte la face ou, si l’on veut, l’ovoïde crânien. Ils distinguent notamment le crâne cérébral du crâne facial. D’autre part, dans les catalogues de collections, le premier réduit à luimême, c’est-à-dire manquant de face, est appelé calvarium , tandis que la voûte du crâne à laquelle manque la base, comme dans la coupe des autopsies, est appelée calotte crânienne. Brocadans ses Instructions se sert indifféremment des mots : boîte crânienne, crâne proprement dit et crâne cérébral.

Ainsi comprise, la boîte crânienne est la quatrième enveloppe de l’encéphale. A l’enveloppe vasculaire succèdent la séreuse, puis la fibreuse ou dure-mère, et enfin l’osseuse ou crâne. Ainsi comprise, la boîte crânienne semble devoir se mouler simplement sur l’encéphale et suivre ses péripéties à la façon de la dure-mère, et c’est assurément ce qui aurait lieu si cette boîte n’avait deux surfaces, l’une interne qu’on appelle l’endocrâne, qui celle-là n’a d’autre fonction que d’obéir à l’encéphale et de lui venir en aide dans son développement, et l’autre externe, l’exocrâne, qui a un autre rôle à remplir, celui de donner attache à des muscles puissants comme le temporal dans la fosse de ce nom , le sterno-mastoïdien à l’apophyse mastoïdienne et tous les muscles extenseurs et rotateurs de la tête à l’occipital, sans parler d’autres de moindre importance. Cependant les os du crâne se forment en l’absence accidentelle de cerveau chez les notencéphales et les anencéphales, mais en vertu de la vitesse acquise ou en d’autres termes d’une habitude contractée dans la suite des temps; et l’état rudimentaire qu’ils conservent, les formes étranges qui les rendent méconnaissables dans ces conditions sont la preuve précisément que « leur développement est régi par le cerveau » (Broca) (1). Examinons au reste les faits à l’état physiologique.

Enveloppement de la boîte cérébrale. — Ce développement chez l’individu se divise naturellement en quatre périodes. La première, de la conception à l’âge de trois ans environ, lorsque se termine la violente poussée que nous avons constatée dans l’encéphale et qui l’amène à un tel volume déjà que quelques-uns ont pu assigner à cette date le terme de sa croissance ; alors le crâne est clos et constitué de toute part. La deuxième, de cette époque à l’âge de vingt ans, lorsque l’encéphale et le crâne sont parvenus à leur période non d’immobilité absolue, mais de maturité. La troisième répondant à l’âge adulte; la quatrième répondant au déclin des deux organes. Nous n’avons à insister pour notre but que sur la part du crâne dans les deux premières périodes.

Chez l’embryon de l’homme, comme de tout mammifère et de la plu-

(1) P. Broca, Sur la topographie cranio-cérêbrale ou sur les rapports anatomiques du crâne et du cerveau , Revue d’anthr., 1876, t. V, série 1.

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