OBJECTIONS A LA DOCTRINE DE GALL
lormés de deux lames, l’une interne, appartenant à l’encéphale, l’autre externe, dépendant du système locomoteur. Celle-ci, sous-jacente au cuir chevelu, donne insertion à des muscles tantôt par de larges surfaces semées d’irrégularités qui multiplient les points d’attache, tantôt par des aspérités, crêtes ou apophyses qui se développent comme aux os longs des membres, à l’omoplate ou au bassin, en proportion de la force et de l’activité des muscles. On reconnaît la femme et l’enfant à l’état d’effacement de ces saillies, et l’homme adulte au contraire à leur épaississement et leur exubérance plus ou moins forte suivant les individus. L’étendue de la fosse temporale délimitée en haut par la ligne courbe temporale est entièrement subordonnée à l’importance du muscle de ce nom, le plus vigoureux des muscles masticateurs. L’état convexe ou aplati verticalement de cette fosse serait même en grande partie, suivant quelques auteurs, le produit de la contraction du muscle qui la remplit. On a été jusqu’à dire que cette contraction favorisait l’écartement des deux lames du crâne, ce queGall n’a pas eu de peine à réfuter, et inversement qu’elle contribuait à accroître ladolichocéphalie du nègre (Bertillon entre autres). Quoi qu’il en soit, il est certain que la surface externe du crâne a des fonctions propres indépendantes de celles de l’encéphale et que ses variations accidentelles ou inhérentes aux muscles qui s’y attachent ontune influence sur les mesures craniométriques au point d’en fausser quelquefois la signification.
Une autre objection est la suivante : « Le crâne ne reproduit pas exactement, ni pour la forme ni pour le volume, la forme et le volume du cerveau parce que la lame interne et la lame externe ne sont pas parallèles » (Parchappe). Tantôt elles sont au contact comme au centre de l’écaille du temporal et dans les fosses sous-cérébelleuses et semblent se réduire à une lame, tantôt elles s’écartent et une couche variable de diploé ou de sinus s’interpose entre elles. La description de ces deux lames est trop bien faite par M. Sappey pour que je ne lui laisse pas entièrement la parole.
« La table interne, dit-il, appliquée à la surface de l’encéphale, en suit tous les contours; elle se soulève au niveau des parties saillantes, plonge dans les parties rentrantes, se moule enfin sur toutes les parties qu elle embrasse aussi fidèlement que pourraient le faire les diverses substances à l’aide desquelles on prend des empreintes. Si cette première couche formait à elle seule tout le crâne, elle traduirait assez exactement au dehors le volume et la forme des parties sous-jacentes. Mais deux autres couches la recouvrent et toutes deux offrent une disposition bien différente ; l’une et l’autre semblent avoir pour usage de faire disparaître ses inégalités. La couche spongieuse ou diploé, divisée en une multitude de particules, remplit toutes les dépressions qu’elle rencontre et rétablit ainsi le niveau entre les parties saillantes et rentrantes. La table externe, en s’étalant sur elle, achève de tout niveler. Cette table accessible à nos